Politique belge

Le doute s'installe sur la fiabilité du budget de la Belgique, estime le PS à la suite de l'avis rendu par la Commission européenne. "Sans adhérer à la politique d'austérité de la Commission européenne, je ne peux que constater qu'elle doute du travail budgétaire de la Belgique, comme la Cour des comptes il y a quelques jours. 

Les efforts sont reportés à plus tard alors que les citoyens ont déjà payé en pouvoir d'achat et que les services publics sont mis en coupe réglée", a souligné le chef de groupe à la Chambre, Ahmed Laaouej, qui a une fois de plus accusé le gouvernement de "bricolage et de tromperie".

La N-VA a mis en cause l'héritage du gouvernement précédent, dirigé par Elio Di Rupo (PS). Le chef de groupe socialiste conteste l'accusation. "Le gouvernement précédent a dû faire face aux conséquences désastreuses de la crise de 2008, il a ciblé ses efforts sur les plus riches et la croissance se situait au-dessus de celle de la zone euro", a-t-il répondu.

Les socialistes flamands ont dénoncé de leur côté une "stratégie perverse" de la N-VA. "La N-VA nous dira, après ce mauvais rapport, qu'il est pas possible de faire autrement que de procéder à des économies supplémentaires. Des services publics aussi essentiels que les soins de santé, les transports en commun, les droits sociaux devront à nouveau être saignés à blanc. On va à nouveau économiser sur le dos des gens", a dénoncé la députée Karine Temmerman (sp.a).


"Point faible d'un gouvernement solide", selon le député Bogaert (CD&V)

Le budget 2018 de la Belgique, une nouvelle fois épinglé mercredi par la Commission européenne, constitue un "point faible d'un gouvernement à part ça solide", a commenté mercredi le député CD&V Hendrik Bogaert. Et encore, ajoute l'ancien secrétaire d'État fédéral sur Twitter, deux tiers de la minime amélioration est due à la baisse des charges d'intérêt. A ses yeux, une telle politique budgétaire ne constitue pas une politique durable à l'égard des générations futures.

Pour son homologue N-VA Peter Dedecker, il faut voir dans le bulletin rendu par la Commission un avertissement à chacun au sein du gouvernement qu'il faudra réaliser les économies convenues. C'est aussi une preuve à ses yeux que le contrôle sur les dépenses doit être d'urgence renforcé, tandis que les recettes lui paraissent rester dans la ligne, ce qui devrait éviter de recourir à de nouveaux impôts. Le député N-VA, dont le parti tient en ses rangs le ministre des Finances Johan Van Overtveldt, attribue le report de l'équilibre budgétaire au-delà de la législature aux conséquences des politiques du passé, tandis que l'actuel gouvernement pourrait se montrer "fier de sa trajectoire (budgétaire) à long terme".