Politique belge

Le cdH s'est étonné mardi de l'accord conclu au fédéral "sur le dos de l'État belge" concernant le règlement Arco et la mise en bourse d'une part de la banque publique Belfius, a-t-il fait savoir par la voix de son chef de groupe au parlement wallon Dimitri Fourny, qui s'en prend sans le nommer au CD&V. La mise en place d'un fonds de 600 millions d'euros pour indemniser les coopérateurs d'Arco "nécessite un accord de la Commission européenne, mais des membres de la majorité fédérale semblent faire fi de cet accord préalable", affirme M. Fourny, quelque heures après que le vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters eut nié cette nécessité.

Le règlement Arco - promis de longue date par le CD&V à des coopérateurs souvent proches du mouvement ouvrier chrétien - est lié à l'entrée en bourse d'une partie de Belfius. Une manoeuvre qui serait "grandement préjudiciable à l'État belge" puisque d'un point de vue budgétaire, le taux de rendement du dividende de Belfius est nettement supérieur au taux d'intérêt auquel l'État emprunte, souligne Dimitri Fourny.

En outre, vendre Belfius priverait l'État belge d'une recette de près de 80 millions d'euros par an, un montant qui devrait augmenter au cours des prochaines années au regard des prévisions à la hausse du bénéfice de Belfius, ajoute le député.

Parallèlement, Belfius est une banque dont l'objet social est, entre autres, de participer au financement des communes. Avec la privatisation, il y a un risque que les actionnaires privés fassent pression pour délaisser certains investissements souhaitables du point de vue de l'intérêt général, au profit d'investissements choisis uniquement selon des considérations financières, selon M. Fourny.