Budget: non, 2012 ne sera pas douce

V.d.W. Publié le - Mis à jour le

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Politique belge

Citoyens, citoyennes, l’année 2012 ne sera pas très douce Désolé. Elle risque même de se révéler particulièrement âpre pour ceux qui se retrouveront, de gré ou de force, dans le viseur du gouvernement. Tous les indicateurs le confirment : l’effort budgétaire de 11,3 milliards d’euros, considéré il y a un mois à peine comme l’un des plus lourds de l’histoire de notre petit royaume, s’avère bien insuffisant. Le gouvernement Di Rupo va donc devoir repartir à la chasse aux milliards et racler des fonds de tiroirs qui paraissent déjà bien vides. Explications.

Sommé par la Commission européenne de présenter un budget en équilibre à l’horizon 2015, le gouvernement belge, alors en gestation, s’était engagé à suivre un programme d’austérité dont la première étape plaçait le déficit belge (3,6 % en 2011) sous la barre des 3 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2012. L’accord de gouvernement, qui lie les six partis, a été construit sur cette base. Mais une des hypothèses du budget 2012 se révèle aujourd’hui totalement sous-estimée. En effet, les Belges avaient espéré pouvoir compter sur une croissance de l’économie belge de l’ordre de 0,8 %. Mais en quelque temps, les prévisions ont été revues à la baisse : certains tablent sur une croissance de 0,5 %. Ils sont très optimistes. Les plus réalistes pointent la croissance belge aux alentours de 0,2 %. Récemment, un groupe de banques belges (BNP, ING, KBC et Dexia banque Belgique) a estimé que la performance économique de la Belgique ne dépasserait pas 0,1 %. Autant dire, rien du tout. Dès lors, la Commission européenne a estimé que le déficit budgétaire de la Belgique ne serait pas de 2,9 % comme les autorités du royaume l’avaient affirmé, mais bien de 3,1 %. Il fallait donc que les ministres identifient au plus vite des mesures de l’ordre de 1 à 2 milliards d’euros. Et pourquoi la fourchette est-elle toujours aussi large ? Tout simplement parce que le gouvernement attend l’estimation de croissance telle qu’elle sera définie dans quelques semaines par le Bureau du plan, l’instance habilitée à fixer ce genre de paramètres.

En attendant, le gouvernement belge s’est contenté de préciser à la Commission européenne qu’il allait simplement geler une série de dépenses pour un montant de 1,2 à 1,3 milliard d’euros. Une opération purement technique dont la Commission européenne s’est apparemment contentée. Telle est en tout cas le message qu’elle a envoyé lundi au gouvernement belge.

Mais, à terme, il faudra bien que le gouvernement revoie sa copie du budget 2012 et le remette sur rails. Après la correction administrative et technique (gel des dépenses), Elio Di Rupo et ses ministres vont donc devoir identifier entre 1 et 2 milliards de mesures nouvelles. Il suffit de repenser à la douloureuse épreuve qu’a représentée la confection du budget 2012, en fin de négociations gouvernementales à l’automne dernier, pour imaginer le nouveau calvaire que pourrait représenter le contrôle budgétaire. Le traditionnel débat entre partisans d’une réduction drastique des dépenses et ceux qui plaident plutôt pour une augmentation de certains impôts va immanquablement revoir le jour. Tout cela alors que le gouvernement va vivre un mois de janvier chaud sur le plan social avec une nouvelle grève générale prévue le 31 janvier prochain. Et la participation des entités fédérées à l’effort sera elle aussi remise sur la table.

Cet exercice budgétaire aura donc lieu à la mi-février. Car actuellement, la Belgique, en l’absence de budget dûment voté par le Parlement, vit toujours à l’heure des douzièmes provisoires. Ce régime sera d’actualité jusqu’à la fin du mois de janvier-début février. C’est alors que débuteront les grands arbitrages. Il y aura bien sûr quelques solutions de facilité qui seront sans doute mises sur la table par l’un ou l’autre membre du gouvernement : on évoque déjà la vente d’une partie complémentaire du capital de Belgacom, voire de Bpost ou de l’aéroport de Zaventem. Rumeurs ? Sans doute...

En cette année 2012, la vie du gouvernement Di Rupo sera tout sauf celle d’un long fleuve tranquille.

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