Politique belge

"Quand on veut chanter, il faut aller jusqu'au bout" et, comprend-on entre les lignes, mettre sur la table toutes les données dont on dispose, a affirmé lundi après-midi le ministre wallon du Budget, Jean-Luc Crucke (MR), en réponse à l'opposition socialiste qui, plus tôt dans la journée, avait qualifié de "factice" le budget wallon 2019. Présenté en équilibre par le gouvernement régional à la fin du mois de septembre, ce dernier est examiné cette semaine en commission du parlement régional avant d'être soumis au vote de l'assemblée plénière la semaine prochaine. "Notre budget ne fait appel à aucune ficelle budgétaire. Il a été réalisé avec le sérieux qui a peut-être manqué lors des législatures précédentes", a assuré Jean-Luc Crucke selon qui le PS omet, dans les chiffres présentés, différents éléments.

Ainsi, si le solde net à financer s'élève à -1,244 milliard, il convient d'y ajouter 373,1 millions d'euros en corrections UAP, pour un solde net consolidé de -871,2 millions d'euros. "Ce solde net consolidé s'améliore donc de 83,4 millions d'euros entre l'initial 2017 et celui de 2019", a précisé le ministre.

Dans sa présentation, le PS avait quant à lui fait état d'un solde brut à financer de -1,254 milliard d'euros à l'initial 2019, contre -1,084 milliard deux ans plus tôt.

En tenant compte des 281 millions d'euros liés aux sous-utilisations de la part du SPW, l'accroissement de la dette a par ailleurs "été largement revu à la baisse", a poursuivi Jean-Luc Crucke. Selon ce dernier, "la diminution potentielle de l'accroissement de la dette" s'élève ainsi à 130,4 millions entre l'initial de 2017 et celui de 2019. En d'autres mots, la dette wallonne augmente mais à un rythme désormais moins rapide.

Or, selon le PS, la dette wallonne va augmenter de 2,36 milliards (+11%) en 2 ans (1,10 milliard en 2018 et 1,26 milliard en 2019).

Quant aux corrections SEC, également pointées par le parti socialiste qui s'étonne qu'elles correspondent à la virgule près au montant du solde brut à financer, elles ont été validées par la CIF - la cellule d'informations financières - et répondent "à une volonté politique" de retour à l'équilibre, a admis Jean-Luc Crucke.

"Notre objectif, c'était de remettre en ordre le bulletin. Il faut encore travailler sur la dette, c'est une évidence, mais ce sera désormais plus facile et j'y vois un signe d'espoir", a conclu le ministre.