Politique belge

Alors que les négociations ont été tendues ce lundi à propos du Pacte de l'Onu sur les migrations et que le gouvernement entamait ce mardi son deuxième round de discussions, la N-VA a remis un peu d'huile sur le feu sur internet à travers une campagne choc (tant dans les slogans que dans les images) dans laquelle elle répète son opposition au pacte migratoire.

Le parti nationaliste reprend l'argument de l'indépendance de notre démocratie. La N-VA dit vouloir se lever contre les prises de décisions qui échapperaient à la Belgique en ce qui concerne la politique de migration.

Pourtant, le pacte a toujours été présenté comme une déclaration de principe, non contraignante. La Belgique s'opposait d'ailleurs au principe de régularisation collective, point qui a été retiré du pacte, tout comme le fait de décriminaliser l'immigration clandestine, entre autres. Mais la N-VA n'y croit pas, tout comme certaines personnalités.

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Le parti répète ses arguments et dit craindre un abaissement du contrôle national. Elle conclut son argumentaire par ces mots : "on ne veut pas se rendre complice de la dégradation de notre politique de migration. Ce pacte de migration est en contradiction avec ce que veut la population. La souveraineté appartient à la population. C'est une question de principe pour nous. C'est pourquoi la N-VA s'oppose au pacte des Nations unies sur la migration".

De la sorte, la N-VA fait pression sur le gouvernement pour marquer son désaccord. Pourtant, Jan Jambon (N-VA) disait ce lundi que les négociations continuaient. De son côté, le président de la N-VA, Bart De Wever, est particulièrement présent dans les débats, alors qu'il n'est pas convié aux négociations sur le pacte en question.

Pour cette communication, la N-VA avait privilégié des slogans et des images particulièrement "choc". Le parti a finalement décidé de faire machine arrière et de retirer les images en cours de journée.

Les critiques de Michel et Peeters

Le vice-premier ministre Kris Peeters avait dénoncé à son arrivée au Lambermont une campagne "scandaleuse" de la N-VA en pleine crise gouvernementale.

Charles Michel a vivement critiqué cette campagne, qu'il qualifie d'"inacceptable, de scandaleux et indigne."

Les parlementaires réagissent aussi

La campagne choc de la N-VA a suscité l'indignation dans les rangs parlementaires. Les slogans utilisés sont totalement contraires à la vérité, a dénoncé le chef de groupe Open Vld, Patrick Dewael. Le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, a demandé à son collègue de la N-VA de prendre ses distances avec cette campagne. "De deux choses l'une: soit on négocie, soit on mène campagne", a-t-il ajouté.

"Cette campagne est tout à fait choquante et mensongère. C'est une campagne haineuse", a lancé Georges Dallemagne (cdH).

"La N-VA veut sans doute, par sa campagne, rompre toute forme de dialogue avec quelque parti démocratique que ce soit", a dit Olivier Maingain, tandis que Julie Fernandez (PS) dénonçait une initiative digne de l'extrême-droite et que le PTB se demandait si la N-VA essayait de dépasser le Vlaams Belang par la droite.

Le Vlaams Belang, quant à lui, a félicité la N-VA pour sa campagne.

Jambon évoque une "faute" de la part du service de communication du parti

"Le service de communication du parti a commis une faute dans le choix des images et du moment. Les gens commettent des fautes, cela arrive également dans notre parti", a commenté mardi à son arrivée au Lambermont le vice-premier ministre N-VA Jan Jambon.

"Nous avons retiré cette campagne", a ajouté M. Jambon, invitant à une discussion sur le fond du pacte sur les migrations.

De Wever reconnaît que le lancement de la campagne était une erreur

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a reconnu que son parti avait commis une erreur en lançant cette campagne sur les réseaux sociaux. Cela "a semé de la confusion et on aurait pu s'en passer, comme d'une rage de dents", a-t-il expliqué sur les ondes de Radio 1.

"Nous sentons très fort qu'il y a un besoin de confronter le Pacte auprès de la population et de lui donner des informations", a expliqué M. De Wever. "L'équipe médias sociaux du parti a voulu faire cela de manière très abordable mais les images ne correspondaient pas bien avec le contenu, et l'objectif est donc raté".

Le président de la N-VA juge pourtant que ces images correspondent à la "réalité". "C'est ce qu'on voit en rue, c'est la conséquence d'une politique migratoire (européenne, ndlr) défaillante", a-t-il dit.


"Pacte migratoire: focus sur le maintien de la culture d’origine des migrants"
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