Politique belge

A la veille du vote mercredi au Parlement wallon d'un projet de résolution de la majorité MR-cdH sur les accords de libre-échange de l'Union européenne, l'opposition socialiste a une nouvelle accusé le parti centriste de renier les engagements qu'il avait pris en 2016 lors du baroud wallon contre le Ceta, le traité commercial entre l'UE et le Canada. Pour le chef du groupe socialiste, Pierre-Yves Dermagne, le texte qui sera voté constitue rien moins que la "capitulation rase campagne du cdH", a-t-il attaqué lors d'une conférence de presse.

Que ce soit en matière d'environnement, de droits humains ou de respect du droit du travail, la résolution de la nouvelle majorité évite toute disposition contraignante ou suspensive, fustigent les socialistes.

Exigeance forte de l'ancienne majorité wallonne rouge-romaine, l'instauration d'un mécanisme de réglement des différends sur base de juridictions publiques existantes a elle aussi disparu du texte de la nouvelle majorité, pointe le PS.

"On va vers une ouverture des marchés à tout prix. Et on fera les comptes après...", s'indigne la députée Olga Zrihen, très active sur ce dossier.

Pour le groupe socialiste, ce nouveau positionnement de la Wallonie en matière de commerce international risque de mettre en péril la survie des agriculteurs wallons, de ses PME mais aussi des pôles industriels européens.

"Sans être protectionniste, on peut tout me dire dire que c'est là l'abandon pur et simple des mesures de prévention et de protection de notre économie! ", s'inquiète la députée.

A l'approche de différentes échéances électorales, ce vote attendu mercredi en plénière du Parlement wallon donne lieu à une guerre de communication entre anciens partenaires de majorité PS-cdH.

Intervenant mardi dans plusieurs journaux, le président du Parlement wallon, le cdH André Antoine, qui fut l'un des plus grands contempteurs du Ceta en 2016, qualifie d'ailleurs ces critiques de propos "purement électoralistes".

A ses yeux, ce n'est pas le cdH qui a changé d'attitude sur la question du Ceta, mais bien le MR. De plus, en deux ans, la position de la Commission européenne a, selon lui, bien évolué pour intégrer les préoccupations exprimées alors par la Wallonie.