Politique belge Le ministre d’Etat dit ses craintes à "La Libre" face aux évolutions dangereuses. Entretien.

Contrairement à Herman De Croo, aujourd’hui député au Vlaams Parlement, élu aussi pour la première fois à la Chambre aux législatives du 31 mars 1968, il ne siège plus dans une assemblée mais Charles-Ferdinand Nothomb n’est pas peu fier de dire qu’il fêtera l’an prochain un demi-siècle de vie politique nationale.

Toujours prêt à lancer des idées pour améliorer le fonctionnement de la démocratie belge, il entend toujours remuer les esprits. Il l’a refait dans une sorte de perspective du passé mais aussi du futur pour "La Libre" à l’aune de certains faits récents en Belgique et ailleurs…

Le sage de la politique belge que vous êtes remonte au front…

La démocratie belge à l’instar d’autres connaît un réel malaise. J’estime pouvoir donner mon point de vue par rapport à certaines dérives actuelles. Nous avons ainsi fait voter des lois dont on n’a pas tiré toutes les conclusions ou qu’on a mal appliquées. Lorsque j’étais ministre de l’Intérieur j’ai fait voter une loi sur les intercommunales en charge des ressources énergétiques qui visait clairement à éviter que l’exercice du pouvoir au sein de celles-ci soit monopolisé par des décideurs privés au détriment des représentants des communes. Force est de constater que trente ans après, on est loin de nos bonnes intentions. Et le climat sociétal actuel ne fait rien, tout au contraire, pour combler le désamour de plus en plus profond entre les électeurs et les élus.