Politique belge

Le Premier ministre Charles Michel a assuré mardi avoir "reçu le soutien" des Etats-Unis pour l'effort mené par son gouvernement en matière de défense, avec l'intention d'augmenter graduellement les dépenses militaires durant cette législature et de procéder à d'importants achats militaires, tout en restant engagé dans des opérations à l'étranger. 

"J'ai surtout entendu une appréciation pour notre fort engagement" dans des opérations militaires à l'étranger, a-t-il affirmé à la presse à l'issue d'une rencontre - la première du genre - avec le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, en visite pour deux jours à Bruxelles.

"Nous sommes un partenaire loyal et prévisible au niveau européen et international", a ajouté M. Michel alors que le chef de la diplomatie américaine s'est abstenu de toute déclaration à l'issue de l'entretien au Lambermont, la résidence de fonction du Premier ministre.

M. Tillerson "sait très bien que l'ambition de ce gouvernement fédéral c'est d'investir davantage dans la défense, avec de forts engagements pour l'avenir", a-t-il souligné dans une référence à la "vision stratégique" pour la Défense approuvée en juin 2016 et qui prévoit notamment de consacrer 9,2 milliards d'euros à des investissements dans des programmes d'armements (avions de combat, navires de guerre et véhicules blindés notamment) tout en augmentant graduellement le budget de la Défense - mais sans atteindre toutefois les 2% du PIB réclamés par l'Otan et Washington.

Le Premier ministre a assuré que le secrétaire d'Etat américain n'avait pas réclamé d'effort supplémentaire de la part de la Belgique "car il connait notre position", déjà expliquée en mai dernier au président Donald Trump lors de sa visite en Belgique et qui passe d'abord par un arrêt des économies imposées durant des décennies à la Défense.

A l'agence Belga, M. Michel a précisé que M. Tillerson avait salué deux décisions prises par la Belgique: d'une part le renforcement l'an prochain de sa présence militaire en Afghanistan - l'envoi d'un peloton d'une trentaine de militaires supplémentaires pour participer à la mission Resolute Support de l'Otan visant à former les forces de sécurité afghanes en plus de la soixantaine déjà présents - et d'autre part la prolongation de six mois, de juillet à la fin de cette année, du déploiement de quatre chasseurs-bombardiers F-16 en Jordanie engagés dans les opérations aériennes contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie pour pallier la défection des Pays-Bas.

MM. Michel et Tillerson ont également discuté des relations entre l'Occident et la Russie - où le Premier ministre a prévu de se rendre fin janvier en dépit du soutien affiché par Moscou aux séparatistes pro-russes dans la région disputée du Donbass (est de l'Ukraine) -, de la situation en Libye et de la lutte contre le terrorisme.