Charles Michel: "Nous ne lâcherons pas Bruxelles"

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Politique belge

Le discours de Geert Bourgeois ne constitue pas une surprise car le projet de la N-VA est séparatiste. Mais il a le mérite de la clarté après les propos ambigus du président de la N-VA, Bart De Wever. Les francophones ne lâcheront pas Bruxelles, a affirmé samedi le président du MR, Charles Michel.

M. Bourgeois a affirmé samedi dans la presse flamande que la N-VA devait grandir en 2014 afin de pouvoir imposer sa volonté aux francophones. Selon le ministre nationaliste flamand, avec une N-VA incontournable, ceux-ci devront alors accepter que la Flandre et la Wallonie se séparent. Il a toutefois précisé qu'il entendait encore gérer Bruxelles avec les francophones.

"Si celui qui ambitionne d'occuper la ministre-présidence du gouvernement flamand à la Place des Martyrs (ndlr: à Bruxelles) arrive à ses fins, il peut se préparer à chercher un local en Flandre car nous ne lâcherons jamais Bruxelles", a commenté Charles Michel, via l'agence Belga.

Pour le président du Mouvement Réformateur, les propos de M. Bourgeois en faveur de ce projet indépendantiste "ont en tout cas le mérite de la clarté après les déclarations ambigues et hypocrites de son président de parti".

Maingain: "Un projet plus clair pour Bruxelles et la Wallonie"

Un projet "plus clair et plus affirmé" pour Bruxelles et la Wallonie est nécessaire afin de ne pas subir les assauts de la N-VA et de ses alliés au nord du pays, a réagi Olivier Maingain, le président du FDF, après les propos tenus par Geert Bourgeois dans la presse.

"Je tiens tout de même à rappeler aux partis francophones qui s'étonnent aujourd'hui de ses déclarations que Geert Bourgeois refuse toujours de nommer les bourgmestres de la périphérie, ce qui est déjà la preuve de son intolérance", a indiqué M. Maingain.

Face à ces attaques, "il faut un projet plus clair et plus affirmé pour Bruxelles et la Wallonie. Il faut également réaffirmer que Bruxelles doit être une région à part entière", a-t-il ajouté.

Fort de cette conviction, le président du FDF va demander au Premier ministre Elio Di Rupo qu'il prenne l'initiative d'une consultation avec l'ensemble des partis francophones, afin "de définir enfin un projet visant à protéger Bruxelles dans une relation étroite avec la Wallonie."

La N-VA montre enfin son vrai visage, selon le PS

Le PS s'est contenté samedi d'un "tweet" pour réagir aux déclarations du vice-ministre-président flamand Geert Bourgeois dans la presse."Après l'opération de charme au cercle de Lorraine, le vrai visage de la N-VA dévoilé par Bourgeois", a souligné le parti, évoquant la récente conférence de presse qu'a tenue le président de la N-VA, Bart De Wever, pour présenter le recueil de ses chroniques traduit en français.

La présidente de la Fédération bruxelloise du PS, Laurette Onkelinx, s'est quant à elle montrée plus loquace, en insistant notamment sur le statut de Bruxelles comme région à part entière.

"Personne, je dis bien personne, ne touchera au statut de Bruxelles, région à part entière, région à égalité avec la Flandre et la Wallonie. C'est d'ailleurs ce que consacre la 6ème réforme de l'Etat, tout en assurant enfin à la Région bruxelloise le refinancement dont elle avait tant besoin et en faveur duquel les socialistes se sont battus", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Et la vice-première ministre de mettre en avant le droit des Bruxellois de décider pour eux-mêmes. "La Région bruxelloise appartient aux Bruxellois et ce sont eux seuls qui décideront de leur avenir. Personne d'autre. Nous ne voulons pas du modèle de cogestion et de repli que propose la NVA. Et Bruxelles n'est pas un espace territorial qu'on peut s'arracher pour augmenter un pouvoir économique ou des capacités foncières".

"Après le carnaval, les masques tombent"

"Après le Carnaval, les masques tombent", a renchéri Alexander De Croo (Open Vld), étonné par une telle déclaration: "Ce serait comme si l'on disait, dans un couple, on ne va pas se séparer mais on n'habitera plus ensemble".

La ministre Sabine Laruelle (MR) a appelé les nationalistes flamands à se montrer moins présomptueux. "Je sais que certains aiment partir gagnants avant même que les élections aient eu lieu. On va quand même attendre les résultats. Le citoyen belge doit d'abord se prononcer".

"Ce genre d'interview ne m'intéresse absolument pas", a lâché la vice-première cdH, Joëlle Milquet, avant de rappeler son opposition à toute forme de scission de la Belgique.

Cerexhe : "Il faudra passer sur le corps des francophones"

Pour que le scénario envisagé par le ministre des Affaires Intérieures flamandes Geert Bourgeois (N-VA) puisse se réaliser, "il faudra passer sur le corps des francophones et sans doute aussi des néerlandophones de Bruxelles", a affirmé samedi le chef du groupe cdH au parlement bruxellois, Benoît Cerexhe.

"La Région bruxelloise existe depuis 25 ans. C'est une Région à part entière. Son statut et son financement ont été renforcés dans le cadre de la réforme de l'Etat. Le rêve de sa co-gestion par la Flandre et la Wallonie, c'est terminé. Le passage au forceps vers l'autonomie qu'envisage Geert Bourgeois, ce sera sans Bruxelles", a réagi Benoît Cerexhe, via l'agence Belga.

"Espérons que les habitants du nord du pays sauront à quoi ils s'engagent"

Les propos de Geert Bourgeois sur un passage forcé à l'autonomie de la Flandre ont le mérité de la clarté. Il est à espérer que les habitants du nord du pays sauront à quoi ils s'engagent en 2014 et que le MR mettra un terme à l'ambiguïté de son attitude vis-à-vis de la N-VA, a affirmé samedi le chef de file bruxellois d'Ecolo pour les matières institutionnelles, Christos Doulkeridis.

"La limite du rêve de la N-VA est atteinte. Les habitants de la Région bruxelloise n'accepteront jamais d'être co-gérés. Mais au moins tout le monde sait à quoi s'attendre. Au nord du pays les citoyens doivent savoir à quoi ils s'engagent en vue de l'échéance électorale de 2014. J'espère aussi que le MR mettra un terme à l'ambiguité de son attitude vis-à-vis de ce parti", a commenté Christos Doulkerdis, samedi après-midi.

Celui qui est aussi ministre-président de la CoCof est par ailleurs revenu sur les critiques de Bart De Wever sur les récentes avancées en matière de réformes intra-bruxelloises, que le leader de la N-VA juge trop faibles.

"Son propos avait aussi le mérite de la clarté, mais dans la séduction. Il ne faut pas attendre de la N-VA de reconnaître les progrès enregistrés car cela porterait atteinte à son discours idéologique. Il faut toutefois que le nord du pays s'habitue à ce que les choses bougent", a encore dit Christos Doulkeridis.

Les Verts d'Ecolo et de Groen considèrent, selon lui, qu'il ne faut pas entrer dans le seul discours de la N-VA mais dans une "dynamique de réforme dans l'intérêt des habitants".

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