Politique belge

Le gouvernement fédéral entend mener au plus vite, avec les Régions et les acteurs économiques et sociaux, des "vérifications complémentaires", sur base du document élaboré par les ministres de l'Energie, permettant de s'assurer que les objectifs garantissant un avenir énergétique au pays soient remplis, a indiqué jeudi le Premier ministre Charles Michel à la Chambre.

Il s'agit de la sécurité d'approvisionnement, de l'impact sur les prix, de la sécurité des infrastructures et du respect des accords climatiques. L'enjeu politique est de faire se converger ces objectifs. Le gouvernement continue à s'inscrire dans le cadre légal de la sortie du nucléaire en 2025 confirmée par une loi de 2015. Les Régions wallonne et bruxelloise ont approuvé jeudi le pacte énergétique. Le gouvernement fédéral a "pris acte" du document, a indiqué M. Michel. Il ne l'a "pas formellement approuvé", a-t-il dit.

Le vice-premier ministre Jan Jambon (N-VA) avait répété jeudi matin que pour la N-VA le pacte énergétique n'apportait pas les garanties attendues que la sécurité d'approvisionnement et le maintien à niveau des coûts de l'électricité seraient assurés en cas de sortie du nucléaire en 2025. A l'issue de la réunion, il s'est inscrit dans les pas du Premier ministre, invitant à des vérifications chiffrées.

La ministre de l'Energie, Marie Christine Marghem, ne voit pas la décision du gouvernement fédéral comme un désaveu. "La vision que j'ai présentée n'a pas été rejetée", a-t-elle indiqué, expliquant les difficultés du dossier par la répartition des compétences entre niveaux de pouvoir. Le fédéral est seul compétent sur la sécurité d'approvisionnement, l'essentiel des autres compétences énergétiques étant du ressort des Régions.

Le Premier ministre a rappelé les efforts déjà consentis par le fédéral, notamment dans le développement de l'éolien en mer du Nord - efforts que le fédéral est prêt à accroître - et dans l'interconnexion. Il a refusé de s'enfermer dans un calendrier en ce qui concerne la mise en oeuvre du pacte énergétique. "Au plus vite au mieux, par exemple, il serait bon de donner un signal au début de l'année 2018 aux acteurs économiques", a-t-il estimé.

M. Michel a répété son propos à l'heure des questions au parlement. "La décision prise par le gouvernement traduisant l'accord de gouvernement a été votée au parlement, il y aura une sortie du nucléaire en 2025, je maintiens cet objectif", a-t-il dit, sous les applaudissements de la majorité, à l'exception de la N-VA. L'opposition a souligné la capacité de la N-VA, isolée dans la défense du nucléaire, à paralyser l'action gouvernementale sur la politique énergétique du futur. A l'exception du Premier ministre, aucun membre de la majorité ne s'est exprimé durant le débat.