Politique belge

Plusieurs milliers de personnes ont afflué dimanche au parc d'attractions Walibi (Wavre) à l'invitation du MR qui l'avait réservé toute la journée pour y tenir ses estivales. Auréolés d'une prise de pouvoir en Wallonie au détriment du PS et de bons résultats dans les sondages, le Premier ministre Charles Michel et le président du MR Olivier Chastel ont affirmé la "force tranquille" de leur mouvement, dans un paysage politique francophone désormais "clarifié", tout en agitant l'épouvantail communiste. En trois ans de gouvernement fédéral, "300 réformes législatives ont été votées, 135.000 emplois ont été créés et les perspectives de croissance sont plus favorables", a affirmé M. Michel en défendant le bilan de son exécutif.

Pourtant, le syndicat socialiste CGSP a appelé à la grève le 10 octobre prochain contre la politique du gouvernement fédéral envers les services publics, soit le jour même de la rentrée parlementaire fédérale au cours de laquelle le Premier ministre présentera sa déclaration gouvernementale.

"Des grèves pourquoi ? Parce que nous avons créé 130.000 emplois, que nous revalorisons les pensions et améliorons les services publics avec un pacte d'investissement ?", a demandé M. Michel.

Et le Premier ministre de mettre en garde contre l'extrémisme de gauche, dans un discours aux accents pré-électoraux. "Dans plusieurs pays, et en Belgique aussi, nous assistons au retour du communisme, qui écrase les libertés individuelles et a toujours entraîné plus de pauvreté et de régression sociale. Jamais le Vénézuela ou la Corée du Nord ne seront nos modèles politiques!", s'est-il exclamé. Prenant pour exemple la semaine de quatre jours sans perte de salaire, proposition défendue par le PS, il a demandé qui en paierait l'addition, et dit craindre des licenciements et le poids de l'impôt.

Pour Olivier Chastel, "jamais la situation politique n'a été aussi claire et limpide, entre un projet de centre-droit dont les priorités sont l'économie, l'emploi et la rénovation du niveau de vie, et une gauche aux abois qui court vers les extrêmes en oubliant sa longue histoire sociale-démocrate". A ses yeux, "cette dualisation de l'échiquier renforce le rôle du MR, qui se pose encore plus en grand parti populaire et responsable, garant de la stabilité institutionnelle du pays".