Politique belge

L'ex-ministre-président bruxellois Charles Picqué s'est défendu vendredi de toute volonté d'empêcher le contrôle sur le Samusocial et d'avoir fait pression en ce sens sur ses collègues de gouvernement en charge du dossier entre 2009 et 2014. Il continue de penser que l'option de faire procéder à un audit du Samusocial par l'inspection des Finances était la bonne en ce qu'elle ouvrait la porte, si nécessaire, à la possibilité de contrôles ultérieurs renforcés. Comme il l'a expliqué d'emblée devant la commission d'enquête sur le Samusocial, bon nombre de faits liés au dossier du Samusocial sont postérieurs au mandat de Charles Picqué à la tête du gouvernement bruxellois, en particulier les résultats de l'audit de l'inspection des finances de l'automne 2013 ou les révélations de la fin du printemps dernier sur l'octroi de jetons de présence.

"Presque chaque année, les ministres compétents ont évité des querelles qui auraient eu pour effet la non prise en charge du désarroi social. Ils y ont toujours veillé car il en allait de la défense de la vie même des personnes. Il ne s'agit pas de confondre certaines pratiques personnelles inacceptables avec l'évaluation du travail fourni par le Samusocial, sans lequel des gestionnaires locaux auraient été bien démunis, même si on peut toujours dire que cela peut être amélioré", a commenté l'ex-ministre-président.

Pour lui, il n'y avait pas de divergence majeure au sein du collège de la Commission Communautaire Commune au sujet du Samusocial. Les ministres compétentes, Evelyne Huytebvroeck (Ecolo) et Brigitte Grouwels (CD&V) venues longuement s'expliquer, au début du mois, devant la commission n'ont à aucun moment parlé de pression du cabinet du ministre-président, s'est-il plu a souligner.

M. Picqué a jugé qu'il valait mieux parler, dans ce contexte, de "tensions entre les cabinets et une personne à la tête du Samusocial. On ne peut pas parler de relations fraternelles. Mes collaborateurs pourraient évoquer la distanciation entre la direction du Samusocial et les cabinets socialistes, sur fond de lassitude pour discussions orageuses répétées... Comme ceux des ministres compétents, ils ont ont toujours voulu éviter une rupture définitive, ce qui aurait eu des répercussions sociales définitives", a encore dit M. Picqué.

Plus largement, l'actuel président du parlement bruxellois juge que l'histoire de ce dossier a été influencée par la "difficulté de concertation entre différents niveaux de pouvoir" en ce compris, spécificité bruxelloise, celle des relations Ville-Région; le difficile arbitrage entre approches différentes sur la méthode et le choix des acteurs de l'action sociale; "la complexité du bi-communautaire et des institutions régionales avec comme conséquence le défaut de moyens de l'administration de la Commission Communautaire Commune"; et des problèmes relationnels "exacerbés par la conviction de chacun de faire le travail mieux que l'autre".