Politique belge

Pour le président du Parlement bruxellois, les citoyens auront "toujours moins d'indulgence à l'égard de la gauche compte tenu des valeurs de solidarité qu'elle met en avant." Charles Picqué (PS), qui préside un groupe de travail sur la bonne gouvernance, fait part des pistes qu'il souhaite explorer. Il revient aussi sur l'inefficacité du décret Inscription et sur les délicats dossiers de la mobilité, du stade national et du survol de Bruxelles. Charles Picqué est l'Invité du samedi de LaLibre.be.


Etes-vous surpris par les scandales qui éclatent autour des rémunérations des mandataires publics ?

J'ai commencé ma carrière de ministre à la Communauté française, en 1988, avec l'exigence de dénouer un certain nombre de problèmes à Liège. Je n'ai jamais perdu de vue qu'il y avait des zones grises, qui sont ces zones qui concernent non pas les élus directs mais ceux dans leur sillage. Je ne suis donc pas surpris par ce qu'on découvre. Par contre, je ne m'attendais pas à une telle ampleur...

Existe-t-il une omerta du monde politique à propos de ces élus qui s'en mettent plein les poches ?

Certains mandats constituent des prix de consolation ou sont destinés à fidéliser des gens. Mais je ne pense pas qu'il y ait une omerta, car cela signifierait une complicité générale de la classe politique pour cacher des choses. Je pense que, parfois, il n'y a pas eu suffisamment d’investigations, de questionnements dans les conseils communaux, par exemple, sur le niveau des rémunérations.

A côté de ces scandales, on constate de nombreux conflits d'intérêts. Or, on a l'impression que les partis ou les élus n'en prennent pas conscience... Comment s'attaquer à ce problème ?

Il faut avoir un organe de contrôle indépendant qui vérifie les plafonds de rémunération, les conflits d'intérêts et qui a un pouvoir d'investigation lorsque des doutes existent. Si un député est lobbyiste d'un groupe privé, il n'est pas déplacé de vouloir le savoir... A titre personnel, je ne serais pas contre le fait que cet organe dispose d'un cadastre des rémunérations et des mandats, à la fois publics et privés. Il pourrait alors constater le risque de conflit d'intérêts.

Etre socialiste et disposer de rémunérations très élevées, est-ce compatible ?


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