Politique belge

Alors que 80% des agents pénitentiaires de la prison de Saint-Gilles sont en grève depuis ce mardi et qu'ils ont décidé en assemblée de ne pas reprendre le travail avant lundi, le bourgmestre Charles Picqué a pris un arrêté pour interdire toute nouvelle entrée de détenus.

La prison de Saint-Gilles compte actuellement 880 détenus, alors que le maximum autorisé est de 850. Cet arrêté pris en raison de la surpopulation carcérale est aussi motivé par le contexte social tendu lié à la grève.

En tant que président de la zone de police Bruxelles-Midi, Charles Picqué a écrit au ministre de l'Intérieur Jan Jambon pour solliciter un appui de la police fédérale dans les prisons. Les policiers locaux qui doivent assurer la relève dans les prisons en grève ont de nombreux événements publics à encadrer, parmi lesquels les retransmissions des matchs de la Coupe du monde de football. "Le recours aux forces de polices locales pour la surveillance des établissements pénitentiaires ne peut se faire au détriment de la sécurité locale", estime M. Picqué.

Pour le délégué syndical CGSP à la prison de Saint-Gilles, Laurent Lardinois, "le bourgmestre a pris ses responsabilités et cela permet d'assurer la sécurité au sein de l'établissement en arrêtant d'alimenter la surpopulation".

Le gouvernement fédéral a approuvé vendredi, en première lecture, un avant-projet de loi du ministre de la Justice Koen Geens qui instaure un service minimum dans les prisons en cas de grève de longue durée et permet de réquisitionner le personnel. Les syndicats, qui dénoncent "une attaque frontale au droit de grève", seront reçus jeudi à 12H30 par le ministre.

"C'est la réquisition des agents qui me dérange le plus. Je n'aurais jamais pensé que le gouvernement aille aussi loin. Cette disposition n'existe nulle part ailleurs, pas même sur le rail", affirme le secrétaire fédéral de la CGSP-Amio, Michel Jacobs.

Mardi, de nombreux agents ont laissé leur uniforme au placard. Selon l'administration pénitentiaire, seuls 57% des gardiens de prison se sont présentés dans les prisons francophones, contre un peu plus de 65% en Flandre. La CGSP-Amio et la CSC avaient annoncé qu'elles couvriraient leurs affiliés en cas de grève dans les prisons, au contraire du SLFP qui juge ces actions prématurées.