Politique belge

Ce vendredi matin, le député Emmanuel De Bock (Défi) était remis à sa place par le ministre bruxellois Didier Gosuin, lui aussi membre de Défi. En cause : les critiques d'Emmanuel De Bock à l'égard d'un projet de la Région bruxelloise de confier à l'auteur Ismaël Saidi le soin de réaliser des capsules vidéos destinées à lutter contre la radicalisation chez les jeunes. Le député avait critiqué le montant du projet et l'absence de mise en concurrence.

Didier Gosuin avait jugé "inappropriée" la réaction d'Emmanuel De Bock qui avait, selon lui, "perdu l'occasion de se taire". Précisant que son analyse était partagée par le président de parti, Olivier Maingain, avec lequel il s'est entretenu à ce sujet, Didier Gosuin avait jugé que face à un dossier d'une telle importance, il ne fallait pas "commencer à faire du pinaillage".

L'affaire prenait donc une tournure politique puisqu'elle révélait un début d’entre-déchirure au sein même du parti Défi (ex-FDF).

Ce vendredi, en début-d'après-midi, un autre poids lourd de la formation s'est immiscé dans ce dossier : Bernard Clerfayt. Le bourgmestre de Schaerbeek est venu défendre Emmanuel De Bock face à Gosuin et Maingain. "Mais c’est tragi comique !", s'est-il exclamé. "Il est heureux qu'Emmanuel De Bock s’interroge sur la manière dont on a attribué ce qui aurait dû être un marché ! Cela parait ridicule en comparaison avec les états de service de Monsieur Saïdi, mais c’est ainsi. C’est une commande de 275.000 € et il est nécessaire de passer par un marché public ! Et le parlementaire, chef de groupe de la famille DéFi qu’est Monsieur De Bock, a raison de se poser la question. Le contrôle est une des prérogatives d’un parlementaire. Et s’il doit se taire parce que le gouvernement a, parait-il, pris une décision, alors demandons aux parlementaires de la majorité de ne plus siéger ou alors de s’endormir profondément pendant leur mandat."

Il est connu que Clerfayt et Maingain ne s'apprécient guère et ce n'est visiblement pas le récent changement de nom (de FDF à Défi) qui a ravivé la flamme entre ces deux hommes qui se sont opposés à la dernière élection du parti.

Le moins que l'on puisse écrire, c'est que cette polémique divise fortement Défi, même en Wallonie... comme en témoigne cette réponse du président provincial de Défi Namur à notre article.


Clerfayt "profondément gêné"

Dans son communiqué de presse, Bernard Clerfayt s'est également adressé à Ismaël Saidi, dont l'oeuvre est selon lui "d'utilité publique". Clerfayt se dit "abasourdi, mais surtout très attristé, par les menaces dont il est victime". "Oui c’est inacceptable et je sais que cet homme de conviction ne se laissera pas faire. Je suis aussi révolté que tous ceux qui poussent aujourd’hui des cris de vierges effarouchées. Mais je suis profondément gêné par cet abîme politico-grotesque dans lequel nous entraînons Monsieur Saïdi."