Politique belge

Les gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté germanophone ont adopté en première lecture, vendredi matin à Eupen, l'ensemble des avant-projets de décret organisant un nouveau transfert de compétences entre les deux entités fédérées. Après l'emploi, le patrimoine, la tutelle sur les communes et les zones de police, ce sont ainsi une partie de l'énergie, le logement et l'aménagement du territoire qui seront gérés par la Communauté germanophone à partir du 1er janvier 2020, date fixée pour le transfert effectif des compétences. "Les compétences transférées représentent un budget de 6,8 millions d'euros", a précisé Oliver Paasch, le ministre-président du gouvernement germanophone, selon qui ce transfert de compétences, revendiqué depuis 1998, constitue "un moment important de l'histoire de la Communauté germanophone", lui permettant de s'émanciper un peu plus de la Région wallonne.

"Ce transfert ne veut pas dire que nous ne travaillerons plus ensemble. Notre objectif n'était pas de nous détacher de quelque chose mais de faire mieux avec des compétences qui sont complémentaires à celles que nous exerçons déjà", a toutefois assuré Isabelle Weykmans, la vice-ministre-présidente de la Communauté germanophone.

"C'est un engagement à travailler ensemble, concrétisation de l'engagement pris dans le cadre de notre Déclaration de Politique Régionale, et une plus-value importante pour nos deux communautés qui pourront s'apporter mutuellement plus de choses", a de son côté renchéri Willy Borsus, le ministre-président wallon, en annonçant l'organisation, le 17 octobre prochain, d'une journée de la langue allemande en Wallonie.

Concrètement, le logement (gestion du logement public comme privé, développement durable, ...), une partie des compétences relatives à l'énergie (primes pour les particuliers, gestion Guichets Energie, ...) et l'aménagement du territoire - "un dossier particulièrement complexe, qui concerne notamment les permis uniques dont une partie dépendra encore de la Région, les permis d'urbanisme ou encore les modifications des plans de secteur", selon Carlo Di Antonio, le ministre wallon en charge du dossier - font désormais partie des compétences qui seront gérées à Eupen.

"Nous avons eu des discussions techniques et complexes mais ça nous a poussés à être innovants", a conclu Oliver Paasch, dont le parti, ProDG, plaide pour que la Communauté bénéficie de davantage d'autonomie. En juillet dernier, au terme d'une réunion avec le gouvernement wallon sur le transfert de compétences, ce dernier avait déjà fait part de sa satisfaction. "On ne s'attendait pas, en début de législature, à transférer autant de compétences", avait-il reconnu.

La Communauté germanophone reste demandeuse de compétences liées aux provinces et aux routes régionales.