Politique belge

Le ministre-président wallon, Willy Borsus, est défavorable au projet de décret d'accord de coopération avec l'Autorité palestinienne tel qu'il est en passe d'être voté au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par le PS et le cdH, mais il ouvre la porte à une concertation avec son homologue Rudy Demotte (PS). "Nous sommes défavorables au texte en l'état, sur la forme", a indiqué le cabinet du chef de l'exécutif MR-cdH.

M. Borsus (MR) souligne la nécessité d'être cohérent avec les positions belge et européenne préconisant une solution à deux États, Israël et Palestine, pour avancer vers la paix, "premier objectif avant toute chose".

Il juge aussi inopportun d'approuver un avant-projet de décret conjoint alors qu'il n'y a pas d'accord wallon. "Il est donc nécessaire de travailler ensemble avant de pouvoir avancer. Je suis à la disposition de mon collègue Rudy Demotte pour travailler conjointement ce dossier", a commenté M. Borsus.

Le projet de décret porte assentiment à l'Accord de coopération signé en 2001 entre la Communauté française et la Région wallonne d'une part, et l'Autorité palestinienne d'autre part.

Il n'avait jusqu'à présent pas pu être présenté au Parlement ni ratifié en raison de la détérioration des relations israélo-palestiniennes et du blocage du processus de paix. Lors du vote en commission ce lundi, l'opposition MR s'est abstenue. Elle reconnait aussi des divergences avec le PS et le cdH sur la stratégie politique à suivre au Proche-Orient.

Ces divergences s'étaient déjà manifestées en janvier 2015, lors du vote d'une résolution à la Chambre sur la reconnaissance de la Palestine, approuvée par la majorité fédérale (MR/N-VA/CD&V/Open Vld). Dans l'opposition, le PS et le cdH avaient voté contre, jugeant le texte bien trop faible, notamment parce qu'il soumettait la reconnaissance de la Palestine à des conditions jugées trop contraignantes.

Réagissant auprès de Belga, M. Demotte s'est dit étonné de la proposition de concertation de M. Borsus, alors qu'il lui avait ouvertement parlé du dossier lors d'une visite d'Etat récente en Inde et que des contacts ont eu lieu entre cabinets, sans retour wallon pour modifier le texte.

M. Demotte ne ferme pas la porte à la concertation, a fait savoir sa porte-parole, mais il demande au gouvernement wallon d'être plus précis sur le fond, sachant qu'une modification plus profonde du texte risquerait de nécessiter une renégociation avec le partenaire palestinien.