Politique belge

La réforme du règlement de Dublin, qui détermine l'État membre responsable d'une demande d'asile dans l'UE, est "morte", a estimé mardi le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), après un échange avec ses homologues européens à Luxembourg. "Il n'y a pas de base suffisante pour poursuivre la discussion sur la réforme de Dublin. Plusieurs pays ont exprimé des réticences importantes" lors du Conseil, a expliqué M. Francken à quelques journalistes.

L'Italie, dont le nouveau gouvernement est ouvertement anti-immigration, s'est notamment exprimée avec force contre le texte de compromis posé sur la table par la présidence bulgare du Conseil de l'UE. L'Allemagne, les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), ou encore ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) se sont aussi opposés au texte dans l'état.

L'afflux soudain et massif de migrants en 2015 avait révélé crûment les failles du système de Dublin, qui faisait peser une pression démesurée sur les pays de "première entrée", en particulier l'Italie et la Grèce. Après trois ans de palabres, les Européens ne sont cependant pas parvenus à s'accorder sur une réforme.

Face à ce constat, l'Autriche, qui prendra la présidence du Conseil de l'UE en juillet, a fait part de son intention de ne pas poursuivre les travaux à ce sujet.

Lors d'une réunion informelle des ministres européens, prévue à Innsbruck les 12 et 13 juillet, Vienne devrait par contre proposer "une nouvelle perspective" pour le débat migratoire européen, impliquant des discussions sur le renforcement des frontières extérieures, le combat contre la migration illégale, mais pas la réforme de Dublin.

"Il y a un grand manque de confiance dans l'Union européenne. L'Italie et la Grèce ne croient pas que les autres pays les aideront en cas de crise. Nous devons donc parler de l'essentiel d'abord, c'est-à-dire la lutte contre la migration illégale", a estimé M. Francken.

En l'absence de compromis lors du Conseil de ce mardi, la balle revient dans les mains du président du Conseil européen, Donald Tusk. Ce dernier devra décider de la façon dont le sujet sera abordé lors de la prochaine réunion des chefs d'État et de gouvernement prévue les 28 et 29 juin.

"Je ne peux pas m'imaginer un contexte permettant un compromis au Conseil européen. Il n'y a même pas de majorité qualifiée", a souligné Theo Francken.