Politique belge

La perspective de voir revenir le Mouvement réformateur aux manettes dans les Régions et en Fédération Wallonie-Bruxelles fait craindre le pire au Mouvement ouvrier chrétien (Moc).

Le Moc, qui est le bras politique de la CSC et de la Mutualité chrétienne, nourrit deux craintes, nous explique Christian Kunsch, le président du Moc.

D'abord, il y a une question de timing. "On a à peine dépassé la moitié de la législature. Des projets importants doivent aboutir, tant en Communauté française (Pacte pour un enseignement d'excellence, Faire bouger les lignes en culture) que dans les Régions (transferts de compétences, projet d'assurance autonomie). Pourquoi faut-il un changement d'attelage gouvernemental au milieu du gué", demande Christian Kunsch. "Cela va mettre un frein aux projets. On va devoir renégocier avec un ou deux nouveaux partis qui voudront imprimer leur marque. Nous sommes dans une année charnière. Après, on sera en période préélectorale. Ces projets risquent de ne pas aboutir."

"Ils nous trouveront sur leur chemin !"

Ensuite, il y a la perspective du retour du MR au pouvoir dans les entités fédérées. "Le Moc n'est pas là pour faire et défaire les gouvernements. Nous, nous observons le contenu, affirme le président du Moc. Et si le MR revient, en quoi ces projets vont-ils avancer dans le sens de l'équité et de la justice sociale ? On va ramener à la table un parti qui mène une politique néolibérale et antisociale au fédéral. Et s'il fait la même chose dans les entités fédérées, alors le front de la contestation sera d'autant plus fort, alors que jusqu'ici, on soutenait ces projets importants. Je suis très craintif. Mais ils nous trouveront sur leur chemin ! Mutuelles et syndicats ne vont pas rester au balcon."