Politique belge

Le rapport rendu jeudi par le Conseil de l'Europe sur la situation dans les communes à facilités de la périphérie de Bruxelles est "extrêmement accablant pour la Flandre". Il y soutient l'option de l'usage du français et du néerlandais dans les conseils communaux. Ce sera donc le cas lundi à Linkebeek, a affirmé vendredi le président du conseil communal de Linkebeek, Damien Thiéry (MR-UF). Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Cnseil de l'Europe a invité jeudi les autorités flamandes à supprimer le système de nomination des bourgmestre par le ministre de l'Intérieur du gouvernement flamand. Il a aussi recommandé de "réviser les modalités d'application des lois linguistiques" afin de permettre l'emploi à la fois du français et du néerlandais par les conseillers municipaux ainsi que par le collège et les citoyens.

"Nous avons toujours défendu la thèse que les bourgmestres devraient être nommés au sein du conseil communal et non par la tutelle régionale, ce en quoi le Conseil de l'Europe nous donne raison. La recommandation relève que l'emploi du français au conseil communal devrait être autorisé - ce qui est déjà le cas pour les conseillers communaux - mais aussi pour le collège et les citoyens. Le Conseil de l'Europe constate que la Flandre s'assied sur ses recommandations, puisqu, loin d'évoluer positivement depuis des années, la situation dans la périphérie bruxelloise ne fait qu'empirer", a commenté l'ex-bourgmestre de Linkebeek dont la nomination a été refusée à plusieurs reprises.

Pour Damien Thiéry, certains élus néerlandophones ne se cachent pas de vouloir supprimer les facilités aux francophones majoritaires dans ces communes.

"Aussi, afin que le droit de plus de 300.000 francophones de Flandre et plus spécifiquement de 62.000 habitants dans les communes à facilités soit respecté, je ne peux qu'encourager nos conseillers à s'exprimer en français lors des prochains conseils communaux, afin de profiter de leurs droits les plus élémentaires", a-t-il ajouté.

Pour M. Thiéry, la Flandre doit sa mauvaise image auprès des Etats membres du Conseil de l'Europe à "la position extrémiste" de la ministre de l'Intérieur du gouvernement flamand Liesbeth Homans (N-VA) dont "seule la démission permettrait de rendre à la Flandre une image d'une région "waar iedereen zich thuis voelt" (ndlr: où chacun se sent chez lui).