Politique belge

Le sénateur Open Vld Jean-Jacques De Gucht a dit mercredi craindre pour l'avenir de la collection d'art de la banque Belfius à l'occasion de son entrée en bourse programmée par le gouvernement. 

"Sa valorisation comptable actuelle n'est qu'une fraction de sa valeur culturelle et financière et le ministre des Finances commettrait une gaffe d'envergure s'il ne profitait pas de l'occasion pour extraire intégralement la collection de la banque avant son entrée en bourse", estime le sénateur libéral.

Celui-ci se dit inquiet de la réponse formulée la semaine passée par le ministre Van Overtveldt à la Chambre, où il avait pourtant assuré que les droits de l'Etat belge sur la collection Belfius ne seraient pas menacés, même s'il devenait actionnaire minoritaire de la banque aujourd'hui publique.

Ces propos n'ont pas rasséréné le député. "Je ne comprends pas pourquoi le ministre Van Overtveldt ne saisit pas cette chance unique de sortir la collection du patrimoine de la banque et de la préserver pour les générations futures, et ce d'autant que cette collection n'est évaluée dans les comptes de la banque qu'à hauteur de 18 millions d'euros seulement", souligne M. De Gucht qui redoute de voir tout ou partie des oeuvres passer dans des mains privées.

L'Etat belge est devenu le propriétaire de cette collection, qui compte notamment des oeuvres de Rubens, de Brueghel, d'Ensor, d'Alechinsky, de Magritte ou encore de Spilliaert, en 2011, lors de la nationalisation de Dexia (devenu Belfius).

Le gouvernement avait alors mis 4 milliards d'euros sur la table pour sauver la banque du naufrage.