Politique belge

Décidément, à la droite de la droite, on a du mal à s’organiser. Après avoir quitté le PP (Parti populaire) l’année dernière, le député wallon, André-Pierre Puget avait rejoint la Droite citoyenne (plate-forme d’ouverture du parti La Droite), emmenée par Aldo-Michel Mungo, un ancien du PP. Ce mariage qui avait eu lieu au mois de décembre dernier se solde déjà par un divorce.

Vendredi matin, la Droite citoyenne envoyait un communiqué de presse précisant que le député Puget quittait la plateforme. "Chaque député wallon se voit mettre à disposition 3 assistants parlementaires dans le cadre du financement public des partis politiques, deux à temps plein et un à temps partiel. Ces salariés, payés avec l’argent public, ont pour seule et unique mission de prester au profit des parlementaires et de leur parti politique dans le cadre du mandat politique."

Selon Aldo Mungo, "il est rapidement apparu que le premier assistant du député Puget ne prestait que quelques heures par semaine au profit de l’activité parlementaire et politique, le reste de son temps cet assistant écrit pour un site français d’extrême-droite. Le second ne preste rien, si ce n’est conduire la voiture du député à la suite de soirées trop arrosées; de l’aveu même du député, cet assistant travaille en réalité pour des projets entrepreneuriaux privés du député, dont une école de conduite de drones. Quant à la troisième à temps partiel, engagée officiellement comme secrétaire, aucune prestation n’a pu être établie, sa seule qualification étant d’être la compagne du premier".

Pour André-Pierre Puget, ces allégations sont "folles. S’il est vrai que mon premier attaché écrit pour le site Internet Boulevard Voltaire où écrivent aussi des gens de gauche, je ne lis pas ses écrits et lorsqu’il me parle, il ne tient pas des propos d’extrême droite, mais je promets d’y être plus attentif. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas d’extrême droite. Le deuxième attaché me sert parfois de chauffeur lorsque, dans le cadre de mon activité parlementaire, je suis amené à me déplacer. Si je suis amené à boire, je ne vais pas prendre le volant. Il n’a jamais été question de mettre en place une école de conduite de drones. Enfin, la troisième s’occupe de mon agenda et rédige les questions parlementaires. Depuis que je suis député, ce sont plus de 500 interventions qui ont été rédigées."

La Droite voulait suivre le PP

Selon le député à nouveau sans parti, le problème est né d’une proposition du bureau politique de La Droite. "Ils voulaient rallier la proposition du PP qui a décidé de déposer plainte contre les partis politiques impliqués notamment dans l’affaire Publifin. J’ai refusé pour deux raisons. En tant que député qui siège dans la commission d’enquête Publifin, si je dépose plainte, je risquais d’être éjecté de la commission. Ensuite, ayant quitté le PP, je ne vais pas rejoindre leur proposition… Comme ils ne tenaient pas compte de mon avis, j’ai décidé de partir." André-Pierre Puget va réfléchir à son avenir. En créant un parti politique situé à la droite du MR ? "Peut-être, mais il faut savoir que pour créer un parti, il faut des moyens et je n’en ai pas."