Politique belge Yvan Mayeur a annoncé, à sa majorité communale, qu'il démissionnait et qu'il remettait donc son mandat de bourgmestre de la Ville de Bruxelles entre les mains de son parti. En cause : les montants perçus en tant que membre du bureau du Samusocial, cette asbl chargée de l'aide d'urgence aux personnes sans-abri. Il aurait notamment, avec l'ex-patronne de l'association Pascale Peraïta, empoché en 2014 et 2015 deux tiers du budget prévu pour les administrateurs.

Pour Yvan Mayeur, la pression était devenue trop forte, d'autant que l'Open Vld et le sp.a, les partenaires flamands de la majorité au conseil communal bruxellois, réclamaient cette démission.

De leur côté, les instances socialistes bruxelloises craignaient d'être emportées dans un tourbillon assez similaire à la tempête Publifin, qui a secoué Liège dernièrement. A 16 mois des élections communales, et alors que la campagne pour ce scrutin se met doucement en route, le PS ne pouvait traîner un tel boulet plus longtemps.

D'autant qu'Yvan Mayeur est une personnalité clivante, un fonceur qui ne craint pas la confrontation. Il l'a montré lors de la mise en place du piétonnier et du bannissement des voitures hors des grands boulevards du centre de la capitale. Certains commerçants l'ont depuis désigné persona non grata dans leurs établissements.

Sa gestion lors de la manifestation syndicale du 6 novembre 2014, où policiers et casseurs s'étaient affrontés, avait également été vivement pointée du doigt. Il lui était reproché de ne pas avoir ordonné de venir en aide à des agents en détresse.

Depuis sa prise de fonction, en décembre 2013, cet assistant social de formation se voit en outre reprocher son manque de légitimité. La raison ? Il n'a pas été élu bourgmestre par les citoyens en octobre 2012. Yvan Mayeur l'est devenu par le fait du prince, soit la démission de Freddy Thielemans un an à peine après l'élection, suivie d'un vote (29 voix récoltées sur 49) des conseillers communaux bruxellois. Pourtant, avec 2662 voix de préférence lors des communales, Mayeur n'avait obtenu que le cinquième score, derrière Freddy Thielemans (6391), Joëlle Milquet (5040), Alain Courtois (2950) et sa collègue socialiste Faouzia Hariche (2882).

Qui pourrait remplacer Yvan Mayeur ?

Le PS doit désormais lui désigner un successeur. Ce pourrait être Karine Lalieux. La députée fédérale devrait dès lors quitter son strapontin à la Chambre au profit de son suppléant, qui n'est autre que... Yvan Mayeur. 

Le poste de bourgmestre pourrait aussi échoir à Philippe Close, actuel échevin des Finances, du Personnel et du Tourisme. Ce même Close qui, en 2013, bénéficiait déjà de l’appui de Freddy Thielemans, d’Elio Di Rupo et de l’appareil national du PS pour devenir bourgmestre. A l'époque, l’habileté tactique d’Yvan Mayeur en avait décidé autrement...

Un autre nom circule, celui de Faouzia Hariche (en 2e place des meilleurs résultats de votes de préférence), échevine de l'enseignement.