Politique belge

GRD : derrière ces trois lettres un peu brutes se cachent des organismes importants pour chaque citoyen. Les gestionnaires de réseau de distribution (gaz et électricité) que sont Resa, Ores (les deux plus importants en Wallonie) et trois autres plus discrets verront les règles qui les concernent, en Wallonie, devenir plus strictes, dans les mois qui viennent. Le ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke (MR), faisait voter, lundi en commission, le texte qu’il a fait valider au gouvernement wallon en fin de semaine dernière.

Ce nouveau texte était particulièrement attendu. Suite à l’affaire Publifin, des problèmes de gouvernance ont été mis au jour chez Resa, notamment. Il s’agissait surtout pour le ministre Crucke de lever toutes les ambiguïtés dans lesquelles certains dirigeants de GRD se sont engouffrés.

Les GRD seront uniquement des distributeurs d’énergie

“A l’avenir, explique le ministre, les GRD ne pourront plus être que des distributeurs. Ils ne pourront plus être des acteurs du marché comme c’était le cas avec Publifin/Nethys/Resa. Il ne sera plus question d’être partenaire d’un fournisseur, d’un producteur ou d’un autre opérateur du marché de l’énergie. Les GRD devront disposer de leur propre personnel et s’ils travaillent avec une filiale, cette dernière ne pourra pas non plus être liée à un autre opérateur.” Et le ministre d’ajouter que les membres du conseil d’administration d’un GRD ne pourront plus être liés à un autre opérateur du marché de l’énergie.

Pour l’exemple, le cas de Nethys est très révélateur. La société privée à capitaux publics est active, via certaines filiales, comme producteur d’énergie. A l’avenir ce ne sera donc plus possible.

La réglementation en matière de rémunération sera appliquée chez les dirigeants de GRD ou de leurs filiales. Le montant maximum annuel ne pourra plus dépasser le plafond de 245 000 euros.

Enfin les parts d’un GRD ne devront plus être détenues à 100 % par des acteurs publics (communes et provinces). Désormais, la part de détention publique sera de 75 %. Les 25 % restants pourront être détenus par des opérateurs privés, sans minorité de blocage possible. Pourquoi ? “Parce qu’il y a de très lourds investissements à réaliser dans les années qui viennent et qu’il faudra peut-être avoir recours au privé pour trouver des capitaux. Mais ce n’est en rien une obligation”, conclut Jean-Luc Crucke.

A dater de la publication du décret au Moniteur (avant l’été, annonce le ministre), les GRD auront un an pour se mettre en conformité avec le décret.