Politique belge

Le PS a dénoncé mercredi les projets d'une dégressivité accrue des allocations de chômage étudiés pour le moment par le gouvernement fédéral. "En cette fin de législature, le gouvernement MR-N-VA accélère son offensive destructrice envers notre sécurité sociale et les citoyens les plus vulnérables", s'insurge dans un communiqué le président des socialistes, Elio Di Rupo.

Le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), a demandé à l'Office National de l'Emploi (ONEm) d'étudier le coût d'une proposition d'un professeur de l'UGent, Stijn Baert, visant à accroître le montant des allocations de chômage après le licenciement d'un travailleur et ensuite accélérer leur dégressivité, rapportent plusieurs journaux flamands. La proposition serait une sorte de voie médiane permettant d'éviter la limitation des allocations de chômage dans le temps voulue par l'Open Vld et la N-VA. En fonction des résultats de l'étude de l'ONEm, le ministre décidera s'il inclut cette réforme dans le "deal pour l'emploi" que prépare le Premier ministre.

"Après le saut d'index, la diminution de l'allocation complémentaire de revenus pour les travailleurs à temps partiel, la diminution des remboursements de certains médicaments, la diminution des allocations de maladie, le durcissement d'octroi des allocations d'invalidité, le gouvernement Michel s'en prend à nouveau aux demandeurs d'emploi en adoptant une mesure qui va - c'est une évidence - accentuer grandement la pauvreté déjà accrue significativement par l'actuel gouvernement fédéral", estime M. Di Rupo.

Pour le PS, c'est "inacceptable", insiste-t-il, en précisant que son parti plaide pour un investissement massif dans l'accompagnement des demandeurs d'emploi, en particulier en les incitant à s'orienter vers les métiers en pénurie. Les socialistes sont également en faveur d'un relèvement du montant des allocations de sécurité sociale, dont les allocations de chômage, à au moins 110% du seuil de pauvreté, soit 1.250 euros nets par mois.


La FGTB dénonce une proposition socialement injuste et inefficace

Le projet de dégressivité accrue des allocations de chômage est "dogmatique", "irréfléchi", "socialement injuste" et "inefficace", réagit mercredi la FGTB. Le ministre de l'Emploi Kris Peeters s'en prend aux travailleurs sans emploi et souhaite "les précipiter dans la pauvreté", attaque le syndicat socialiste.

D'après la FGTB, il s'agit d'une fausse solution à un vrai problème car le niveau des allocations de chômage ne freine pas l'embauche dans les métiers en pénurie. Le problème s'explique surtout par la faible qualité des emplois proposés (en termes de rémunération et de condition d'emploi) et par l'inadéquation entre les demandes des entreprises et les formations des travailleurs sans emploi, ajoute le syndicat.

"S'en prendre aux plus faibles, plonger les gens dans la pauvreté, et se lancer dans une chasse aux chômeurs bis ne permettra en aucun cas de résoudre la problématique des métiers en pénurie", poursuit Robert Vertenueil, président de la FGTB. Le ministre de l'Emploi "bafoue la concertation sociale" alors que le Groupe des Dix est parvenu à un accord sur les métiers en pénurie, déplore-t-il.


La CSC craint un "nouveau désastre social"

La CSC se dit "stupéfaite" mercredi que le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeters ait commandé une étude sur le renforcement de la dégressivité des allocations de chômage. Le gouvernement fédéral risque de faire "une fois de plus un mauvais choix social", déplore le syndicat chrétien. 

La logique du ministre ne tient cependant pas la route, insiste la CSC. Le principe selon lequel un chômeur bénéficiant de moins de ressources cherchera plus rapidement un emploi est "une idée fixe de la droite" et est contredite par des études internationales, ajoute le syndicat. "Un certain nombre d'études conduisent même à la conclusion inverse: plus la protection sociale est généreuse, plus vite les demandeurs d'emploi se réinsèrent sur le marché du travail."

La CSC considère que des allocations plus généreuses permettent aux chômeurs d'investir dans un moyen de transport, un abonnement internet, la garde des enfants, la formation continue et les contacts sociaux. Ils peuvent ainsi augmenter leurs chances de trouver un emploi, conclut-elle.