Politique belge

Le meeting du PTB organisé lundi à Liège a été marqué par l'agression à l'arme blanche de son porte-parole national Raoul Hedebouw. Alors qu'il s'apprêtait à monter sur la scène de la place Saint-Paul vers 11h00, le député fédéral a été attaqué par un homme seul, qui a ensuite été interpellé. Blessé à la jambe, Raoul Hedebouw a pris la parole 30 minutes plus tard en rassurant ses partisans sur son état de santé. "J'ai pris un coup de couteau dans la jambe. Après ce speech, je me rendrai à l'hôpital, mais je vous rassure, je vais bien. Il en faudra plus pour nous faire taire", a-t-il déclaré, avant de se lancer dans son discours.

Dans celui-ci, M. Hedebouw a salué l'émergence d'une nouvelle gauche dans l'ensemble de l'Europe. "Nous n'acceptons plus l'arrogance des libéraux qui répètent qu'il n'y a pas d'alternatives aux valeurs libérales", a-t-il affirmé, avant d'avertir ses partisans que le "combat serait long et difficile".

"Pour gagner, nous aurons besoin de l'unité du peuple et de l'organisation des travailleurs. Organisez-vous, ne faites pas que voter. Prenez votre sort en main", a exhorté le député.

"Nous devons créer un contre-pouvoir, alors qu'il y a de plus en plus de connivence entre les mondes économique et politique", a-t-il poursuivi, fustigeant entre autres l'implication de politiciens libéraux dans le scandale du Kazakhgate.

"Le monde économique met aujourd'hui sous influence le monde politique", a-t-il déploré, avant de rappeler l'engagement des élus du PTB à vivre avec un salaire de travailleur pour ne pas être déconnecté des réalités. "Si on ne vit pas comme on pense, on commence à penser comme on vit."

Lors de son intervention, il a également mis le gouvernement de Charles Michel au défi de mettre en place un véritable plan anti burn-out, alors qu'une étude de Securex publiée la semaine dernière a mis en exergue l'augmentation des trentenaires malades de longue durée.

"Nous travaillons pour vivre, mais nous ne vivons pas pour travailler", a-t-il scandé, plaidant ensuite pour une semaine de 30 heures avec maintien du salaire.

Dans son discours, Raoul Hedebouw a également poussé un coup de gueule contre la multinationale Monsanto qui a commercialisé un produit, le Roundup, à base de glyphosate, alors qu'elle connaissait dès le début sa nocivité pour la santé.

Il a conclu son intervention en soulignant le bon score réalisé à l'élection présidentielle française par le candidat de la "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon. "Un vent traverse l'Europe pour retourner aux vraies valeurs de la gauche", a martelé Raoul Hedebouw, avant de prendre congé sous les applaudissements de ses partisans.


"Nous condamnons toute forme de violence"

Commentant l'agression dont le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw a été victime, le Premier ministre Charles Michel a, depuis Court-Saint-Etienne, où son parti, le MR, fêtait le Premier mai, déclaré: "Nous nous battons sur le terrain des idées. Nous condamnons toute forme de violence et souhaitons à Raoul Hedebouw un bon rétablissement."