Ecolo cherchera à renforcer son assise locale, encore et toujours

Belga Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Les écologistes profiteront des élections du 14 octobre pour essayer de renforcer leur ancrage local. A la différence du PS, du MR et du cdH, Ecolo n'a pas une longue histoire (le parti a été créé en 1980) et il ne compte pas d'élus dans 48 communes en Wallonie.

Deux bourgmestres portent l'étiquette Ecolo dans l'espace francophone: Jean-Luc Roland dans la ville universitaire d'Ottignies-Louvain-La-Neuve, élu en 2000, et Jean-Michel Javaux, l'ex-co-président du parti, à Amay, élu en 2006. Ecolo participe également à 32 majorités.

Ces chiffres sont maigres si on les compare à celui des partis dits traditionnels. Ecolo a pu s'imposer à plusieurs reprises dans les niveaux de pouvoir fédéral, régional ou communautaire mais ne dispose pas de véritables bastions locaux.

La progression des Verts à cet échelon se marque toutefois d'élection en élection. En 2006, les écologistes ont déposé 184 listes dans les 281 communes wallonnes et bruxelloises. En 2012, ce nombre est passé 226. Certaines absences dans des villes importantes de Wallonie, comme Ath ou Dinant, seront comblées.

A Bruxelles, les écologistes font partie de 6 majorités communales (Schaerbeek, Forest, Etterbeek, Jette, Watermael-Boitsfort et Auderghem) et en Wallonie dans 25 communes (Ottignies, Amay, Namur, Ciney, Dour, Fontaine-l'Evêque, Gembloux, Neufchâteau, Namur, etc.).

Les Verts ont choisi le thème du lien social pour leur campagne 2012. Le choix fait écho aux difficultés croissantes rencontrées dans les communes à cause de la crise économique. Ce thème permet à Ecolo, dans l'opposition au fédéral, d'aborder l'enjeu local tout en y intégrant la dimension fédérale et la rigueur budgétaire qui y est de mise.

Parmi les priorités mises en avant, figurent les économies d'énergie comme levier d'investissement dans d'autres secteurs et l'accueil de la petite enfance.

En Wallonie, les chances paraissent minces de décrocher de nouveaux maïorats. Le Code de la démocratie locale impose que le bourgmestre soit l'élu qui a recueilli le plus de voix sur la liste la plus importante de la majorité, condition peu favorable aux Verts. Ecolo porte toutefois ses espoirs sur Enghien où il participe au pouvoir depuis 12 ans. La liste emmenée par le député wallon Olivier Saint-Amand présente de bonnes chances de réussir le pari. Les écologistes avaient récolté pas loin de 25 pc des voix dans le canton lors des élections de 2009.

L'attention se portera également sur le maintien à leur poste de MM. Roland et Javaux. Ce dernier, dont la majorité tient à une voix, aura comme adversaire l'ancien maïeur, que tout le monde pensait retraité de la politique, Robert Collignon (PS).

Le cas de Namur sera aussi observé de près: le premier échevin Arnaud Gavroy a contribué à l'éjection du PS de la majorité à la faveur d'une coalition avec le cdH et le MR. Namur est d'ailleurs la seule grande ville dans laquelle Ecolo participe à une majorité: il siège dans l'opposition à Liège, Charleroi, Mons, La Louvière, Tournai ou Verviers et pourrait bien y rester pendant encore six ans.

C'est en Wallonie en outre que s'appliqueront les nouvelles règles de décumul entre le mandat de bourgmestre ou échevin et celui de parlementaire. Exigées par les Verts lors des négociations de l'Olivier, elles leur ont valu la franche inimitié de nombre de mandataires locaux, qu'ils soient socialistes, centristes ou libéraux.

A Bruxelles, l'implantation locale d'Ecolo est plus forte. L'idée de décrocher un maïorat n'est pas exclue: à Watermael-Boitsfort et à Ixelles, où la scission du MR a rebattu les cartes, et à Forest où la bourgmestre Magda De Galand (PS) ne se représentera pas. A Schaerbeek, où Ecolo siège dans la majorité depuis 2000, un préaccord a par ailleurs été conclu avec la liste du Bourgmestre de Bernard Clerfayt et le cdH.

Dans la Région-capitale, Ecolo se présentera avec Groen dans 19 communes. Dans huit communes, un duo Ecolo/Groen occupera les deux premières places. A Ganshoren, un Vert flamand occupera même la la tête de liste.

La plupart des personnalités d'Ecolo se trouveront sur des listes, à l'exception du ministre wallon et communautaire, Jean-Marc Nollet. La co-présidente Emily Hoyos sera tête de liste à Profondeville, de même que la ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck à Forest et la députée européenne Isabelle Durant à Schaerbeek.

Le co-président Olivier Deleuze poussera la liste à Boitsfort. Le ministre wallon Philippe Henry fera de même à Sprimont, ainsi que le secrétaire d'Etat Christos Doulkeridis à Ixelles, et le président du parlement wallon, Patrick Dupriez, à Ciney.

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