Politique belge

Les écologistes ont publié sur leur site Internet les recommandations de la Commission des provisions nucléaires visant à renforcer la position de la Belgique face à Engie-Electrabel dans le dossier des provisions nucléaires.

On le sait, pas mal de doutes entourent la question du financement du traitement des déchets nucléaires et du démantèlement de nos sept centrales nucléaires. Engie-Electrabel payera-t-il l'entièreté de la note, ou une partie de celle-ci sera-t-elle adressée au contribuable belge ?

Etant donné que le gouvernement belge n'a pas encore décidé quel sort sera réservé aux déchets les plus radioactifs, il est très compliqué de fixer le montant correct qu'Electrabel doit provisionner à cet effet.

En fonction du scénario retenu par l'Ondraf, le coût de traitement des déchets nucléaires varie fortement. Et cette variation se chiffre en milliards d'euros sur la facture finale. Après une réévaluation de son scénario d'enfouissement des déchets, le coût évalué par l'Ondraf vient de passer de 3,2 à 10,7 milliards d'euros !

C'est dans ce contexte que le groupe Ecolo-Groen vient de mettre la pression sur le gouvernement fédéral, particulièrement sur Marie-Christine Marghem (MR) en charge du dossier.

En effet, les écologistes viennent de publier sur leur site internet les recommandations de la Commission des provisions nucléaires (CPN) en vue de renforcer les pouvoirs de la Belgique face à Engie-Electrabel dans ce dossier.

Ces propositions ont largement été reprises dans un avant-projet de loi porté par Marie-Christine Marghem, qui est passé en première lecture, en juillet dernier. Or, depuis lors, on a appris que la ministre de l'Energie avait mandaté un bureau d'avocats afin de retravailler le texte.

Selon les écologistes, « Engie n’a cessé de faire pression sur le gouvernement et négocie encore aujourd’hui des aménagements de ce texte avec Charles Michel et Marie-Christine Marghem ». « Le risque existe que le texte soit détricoté, voir même purement et simplement abandonné », ajoutent-ils.

Il est vrai que neuf mois après l’envoi des recommandations de la CPN, aucun texte de loi n'est sur la table du Parlement. En dévoilant ces recommandations au grand public, Jean-Marc Nollet essaye donc de mettre la pression sur le gouvernement. L'idée est aussi de permettre aux citoyens de comparer la version finale qui sera validée par le gouvernement avec les propositions initiales de la CPN.

Le contenu du texte publié par Ecolo n'est cependant pas une surprise. « La Libre » avait déjà donné de nombreux détails de ce texte dans plusieurs articles.

De son côté, Marie-Christine Marghem avait déjà déclaré que les négociations menées par le bureau d'avocats n'avaient pas pour objectif de vider le texte initial de sa substance mais de le renforcer.

On pourra se faire sa propre opinion quand le texte final sera déposé à la Chambre. Du moins si cela arrive avant la fin de la législature ...