Politique belge Ecolo refuse d’intégrer le conseil d’administration de Nethys qui doit être renouvelé ce mercredi soir.

Cette affaire va-t-elle finir en pantalonnade ? Pour l’heure rien n’est exclu. Force est cependant de constater que le plus gros scandale politique de ces derniers mois pourrait se terminer en eau de boudin. Et pour cause. Ce mercredi, en début de soirée, l’assemblée générale de Nethys, convoquée initialement samedi dernier, et reportée sans réelle publicité, devrait être décisive. En effet, s’ils furent nombreux à réclamer sa tête, il est désormais certain que Stéphane Moreau sera maintenu au sein du conseil de direction de Nethys et dans son rôle d’administrateur-délégué -qui lui vaut une place au conseil d’administration de Nethys.

Pourtant le rapport de la commission d’enquête parlementaire consacré à Publifin et ses filiales était clair sur cette question. Ce rapport qui a été signé par le MR, le PS, le CDH et Ecolo sera-t-il seulement un bel exercice démocratique ? On peut le penser. En effet, hier soir, à la demande de Muriel Gerkens (Ecolo), les quatre fédérations liégeoises du MR, du PS, du CDH et d’Ecolo se rencontraient pour clarifier les choses. Manifestement le PS, le MR et le CDH, représentés respectivement par Jean-Claude Marcourt, Daniel Bacquelaine et un représentant d’Alda Greoli s’étaient mis d’accord, selon nos confrères du Soir sur la nomination de nouveaux administrateurs -ce qui en soi était une nouvelle; positive pour les Ecolos- mais également, et c’est là que le bât blesse, sur le maintien des administrateurs qualifiés d’indépendants (Philippe Delaunois, Pierre Meyers et François Fornieri) mais très proche -la commission d’enquête a permis de le déterminer- des actuels décideurs de Nethys. Mais surtout, et chez Ecolo on parle de ligne rouge à ne pas franchir, le maintien du comité de direction dans son ensemble.

Une décision qui fâche les écologistes qui ont donc décidé de ne pas siéger au sein du conseil d’administration de Nethys, où pourtant on leur promet un siège -siège auquel, ils n’avaient jusque-là pas droit. Chez les Verts, on considère qu’être présent au sein d’un conseil d’administration et cautionner des choix qui seraient les mêmes que par le passé, est totalement exclu.

Tout le monde veut sa peau et puis plus rien

Et on peut les comprendre. Depuis des mois, ils sont nombreux à avoir réclamé la tête de Stéphane Moreau -qui rappelons-le a été exclu du PS, il doit bien y avoir une raison. Que ce soient les présidents de Partis comme Olivier Chastel ou Benoît Lutgen, Moreau doit partir. Au parlement wallon, le chef de groupe CDH, Dimitri Fourny a réclamé publiquement la tête du CEO de Nethys. Tout comme Jean-Luc Crucke (MR), devenu, entre-temps, ministre dans un gouvernement qui a assuré que les recommandations du rapport de la commission seraient appliquées. La ministre chargée de cette mission, Valérie De Bue (MR) s’est même prononcée pour un départ forcé de Stéphane Moreau.

Et puis ? Et puis plus rien. On semble même, du côté des libéraux, avoir fait son deuil du départ de Stéphane Moreau. Les arguments utilisés de part et d’autre concernent le contrat de Moreau qui bétonnerait ses positions au sein de Nethys. Plus trivialement, il s’agit surtout d’une histoire d’argent puisque le licenciement du Ansois coûterait plus d’un million d’euros.

Il restera, pour se convaincre du contraire à attendre les projets de décret de la ministre De Bue sur le sujet. Que peut-elle faire ? Pour Ecolo, au moins deux choses sont possibles. La première consiste à décréter sur les salaires pratiqués dans les filiales des intercommunales. La seconde consiste à transformer Nethys en un OIP (organisme d’intérêt public, comme le Forem par exemple) et de soumettre ceux qui dirigent aux règles en vigueur dans ces structures. Pour beaucoup, le fait de forcer Stéphane Moreau à revoir ses émoluments à la baisse pourrait être une motivation de départ dans le chef de l’intéressé.

Lundi matin sur la Première (radio), le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS) refusait de répondre à une question sur le départ de Moreau. Tout était déjà dit, non ?