Politique belge

Le Parti socialiste a approuvé dimanche, lors d'un congrès à Charleroi, sa boîte à idées que les futurs élus socialistes seront appelés à mettre en œuvre dans les communes et les provinces. Elles passent notamment par la gratuité de l'enseignement fondamental dans l'officiel, des coopératives de production locale d'électricité et des projets de démocratie participative. "Nous devons progressivement rendre notre enseignement - et d'abord notre enseignement fondamental - totalement gratuit", a affirmé le président du parti, Elio Di Rupo.

Il demande d'assurer aux élèves, "gratuitement ou à prix très modique", un repas chaud et complet, confectionné avec des aliments locaux et équilibrés, une proposition que le PS avait déjà avancée en 2014.

Un projet pilote de la ministre francophone de l'Égalité des chances Isabelle Simonis permettra dès la prochaine rentrée scolaire de fournir 650.000 repas à des élèves de maternelle.

L'"écosocialisme" figure aussi en bonne place, avec la proposition de développer comme en Allemagne des coopératives de production locale d'électricité, dont les villes et communes seraient parties prenantes sinon les initiatrices. Dans son discours, M. Di Rupo a également fustigé les politiques fédérales menées aux dépens des budgets communaux, notamment les impacts du tax shift, ou la cotisation pour les pensions des fonctionnaires.

Évoquant sans la nommer la nouvelle loi fédérale qui lève le secret professionnel des CPAS et de leurs assistants sociaux lors de soupçons de terrorisme, M. Di Rupo a affirmé que les socialistes "ne permettront pas que les CPAS deviennent des lieux de délation, ou soient transformés en lieux de contrôle et de persécution".

"Les démolisseurs des Provinces seraient bien inspirés de les garder en vie"

Il a aussi réclamé du Fédéral des moyens suffisants pour renforcer les polices locales. "Avec le gouvernement N-VA/MR, c'est le monde à l'envers, il affaiblit notre sécurité policière tant au niveau fédéral que local", a lancé le bourgmestre de Mons et député fédéral.

Face au projet de la coalition wallonne MR-cdH de réformer en profondeur les institutions provinciales, voire de les supprimer comme le propose Ecolo, Elio Di Rupo a tenu un plaidoyer pour le maintien de Provinces "dynamiques, proactives, qui anticipent et répondent aux défis actuels", comme le fait la Province de Luxembourg en tentant de répondre à la pénurie de médecins en zone rurale, a-t-il illustré.

L'ancien Premier ministre entrevoit aussi un rôle stratégique pour les Provinces dans le financement des politiques régionales.

"Les démolisseurs des Provinces seraient bien inspirés de les garder en vie. Elles présentent cet avantage - peut-être salvateur pour l'avenir de la Wallonie - de bénéficier d'un pouvoir fiscal garanti par la Constitution", a-t-il souligné, sous-entendant que de nouvelles recettes ponctionnées à ce niveau pourrait aider la Région lorsqu'elle verra sa dotation diminuer après la phase de financement transitoire qui se termine en 2024.

Actuellement, le PS recense 87 bourgmestres, 96 présidents de CPAS, 396 échevins et 1.203 conseillers. Après une année 2017 difficile pour ce parti, marquée par des scandales et une forte percée du PTB dans les sondages, "l'heure de la reconquête a sonné", a lancé M. Di Rupo aux militants.

Lui-même poussera la liste communale à Mons et se réserve le droit d'emmener une liste législative aux élections de mai 2019, a-t-il confirmé samedi dans une interview, semblant ainsi exclure une trajectoire européenne que d'aucuns lui prêtaient déjà. Il ajoute qu'au sortir des négociations qui suivront ces législatives, se tiendra au PS une élection interne "si les résultats le permettent" et qu'alors, "sans doute", il "partira sans amertume" de la présidence de ce parti.