Politique belge

Cet accord sur BHV, il sera facile de le rejeter.

En Flandre, tout d’abord. Il ne faudra pas attendre très longtemps pour que les extrémistes condamnent avec force la reddition des négociateurs du CD&V, de l’Open VLD, du SP.A et de Groen ! Ils seront jugés devant le tribunal du nationalisme pour avoir accepté une scission assortie de compensations. Il est vrai que les fines lames du CD&V ont souvent proclamé qu’il fallait "splitsen BHV zonder prijs". Oui, la scission de BHV a un prix.

A Bruxelles, ensuite. On sent déjà quelques frémissements, quelques colères plus ou moins rentrées, de la part de ceux qui croyaient ou qui faisaient croire qu’il était possible d’obtenir, en échange de la scission de BHV, un élargissement territorial de Bruxelles. Oui, c’eût sans doute été la meilleure des solutions. Mais dans l’état actuel des choses, la demande était totalement "onbespreekbaar". Elle aurait mené au blocage total. La raison nous pousse donc à admettre que l’accord, tel qu’il a suinté hier soir des murs de la Chambre, est équilibré. Les négociateurs flamands obtiennent un trophée qu’avant eux, aucun homme politique n’avait obtenu. Les francophones ne sont pas déshabillés dans cet accord : en bétonnant les droits électoraux des 6 communes à facilités, ils assurent à ces entités un lien politique qu’il ne sera plus possible de contester, même en cas de scission du pays. La nouvelle procédure de nomination des bourgmestres donne des garanties aux élus et le recours devant des chambres bilingues pour des dossiers relevant de la périphérie est une première. Il est temps, à présent, de passer aux dossiers suivants.