Politique belge

Il est donc devenu interdit, verboden, de toucher à un cheveu de Bart De Wever. Il est devenu une icône en Flandre. Une sorte - pardon pour eux - d’abbé Pierre, de mère Thérésa, de Gandhi, d’Aung San Suu Kyi, de Nelson Mandela : intouchable. Le problème est que le dieu de la Flandre profère régulièrement des énormités. Séparatisme ? On cache. Vive le confédéralisme ! C’est quoi ? On vous le dira plus tard. Mais c’est mieux. N’importe quoi ! Dès lors, il nous semble, à nous francophones - oh, en toute modestie - intelligent de dénoncer les dangers de son discours, les hypocrisies, les mensonges puisque, au nord du pays, là où il (sé)vit, personne ne parvient à le contrer.

Eh bien non ! Les esprits les plus éclairés nous disent le contraire : le critiquer "Lui", c’est le renforcer et c’est desservir les autres. Comprenne qui pourra. On essaye aussi de nous faire croire que Bart De Wever serait le produit des francophones et de leur veto en 2007. Débile ! A-t-on dit que le succès des verts francophones en 1999 était dû aux Flamands, que la percée du PS en 2004 avait été provoquée par le nord du pays, que Didier Reynders avait changé le centre de gravité politique au sud du pays grâce à nos voisins ? Non. Chaque communauté produit ses élites : s’il est là, c’est parce qu’il a pris la place que d’autres n’ont pas pu prendre.

Puisque quand les francophones critiquent Bart De Wever, ils le renforcent, nous essayerons, à l’avenir, l’autre voie. Certes, un tantinet hypocrite mais que ne ferait-on pas pour aider les partis flamands CD&V, Open VLD, SP.A ?

Oui, finalement, Bart De Wever, avec ses allures de jeune premier, ses costumes cintrés, ses pompes pointues, sa coupe parfaite, ses régimes amincissants, oui, finalement, Bart De Wever est peut-être l’homme qu’il faut au pays. Vous pourriez pas nous le prêter pour remettre la Wallonie en ordre ?

Le plus drôle, c’est qu’on connait certains patrons wallons qui en rêvent...