Édito : la gifle aux autorités flamandes

Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Par Francis Van de Woestyne

La Cour européenne de Justice vient d’asséner une terrible gifle aux autorités flamandes en estimant que leur décret sur le logement était contraire au droit européen. C’est le deuxième arrêt qui sanctionne la Flandre après celui sur l’emploi des langues dans les relations sociales.

Rappel. Le décret flamand "wonen in eigen streek" (habiter dans sa propre région) prescrivait que, dans des communes ciblées de Flandre, des biens immobiliers ne pouvaient être transférés (loués ou vendus) qu’à des personnes disposant d’un lien suffisant avec ces communes.

Les autorités flamandes ont toujours affirmé que leur décret avait surtout un objectif social : permettre aux Flamands disposant d’un faible revenu de s’offrir une habitation dans certaines communes. C’est-à-dire des communes où des "étrangers" plus fortunés font flamber les prix de biens devenus inaccessibles aux "autochtones". Mais l’objectif social cachait en réalité un dessein politique et linguistique. Il est apparu que le gouvernement flamand entendait bien plus préserver le caractère flamand de ces villages qu’aider des Flamands démunis à s’offrir un logement.

En effet, comme le précise la Cour, les conditions mises par le décret flamand peuvent être satisfaites tant par des personnes peu fortunées que par des personnes disposant de moyens plus conséquents.

Alors, victoire ? Bien sûr, le "wooncode" devra être adapté. Mais cela changera-t-il quelque chose à cette mentalité, cette obsession de certains responsables flamands qui privilégient une vision étriquée, égoïste, frileuse ? Bientôt, l’explosion de la population bruxelloise poussera les habitants à émigrer vers les régions voisines. Sauf à construire des murs, à installer des barbelés, aucun décret ne pourra s’y opposer.

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