Politique belge Une des priorités absolues de Défi aux prochaines élections communales sera de s’implanter durablement à l’ouest du canal.

"Ce n’est pas à Woluwe-Saint-Lambert qu’on doit progresser. Tant mieux si on progresse, mais je souhaite ardemment progresser dans les communes du nord de Bruxelles, que ce soit à Anderlecht, à Molenbeek ou ailleurs. Je crois qu’on aura de bonnes surprises car on a de bonnes équipes, jeunes et nouvelles. Il y a par exemple Michael Vossaert à Molenbeek et Grégory Rase à Ganshoren, mais c’est le cas partout, vraiment partout !", a expliqué jeudi le président de Défi (ex-FDF) Olivier Maingain, à l’occasion de ses vœux de Nouvel An à la presse, évoquant le scrutin communal d’octobre prochain.

À neuf mois des élections locales, le parti des Fédéralistes Démocrates Francophones qui avait quitté en 2011 le MR en raison du dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde espère bien peser davantage dans les communes du nord-ouest de Bruxelles (Molenbeek, Koekelberg, Jette, Ganshoren et Berchem), mais aussi plus largement à Anderlecht, Forest et Saint-Gilles.

"Il faut reconnaître qu’en 2012, on n’était sorti que depuis quelques mois du MR. Les gens ne savaient plus trop qui on était. Maintenant, la notoriété, la visibilité, on l’a. Les gens commencent à comprendre", estime le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, alors qu’un sondage attribuait en septembre 18,4 % d’intentions de vote au parti en Région bruxelloise. Un chiffre qui représenterait une hausse de 3,6 % par rapport aux 14,8 % obtenus aux élections régionales de 2014. Un résultat en trompe-l’œil car majoritairement forgé au sud-est de la capitale.

Onze : c’est le nombre actuel de conseillers communaux Défi dans les cinq communes situées à l’ouest du canal et les trois autres voisines sur un total de 269 disponibles, soit un taux de 4 %. Sur ces huit entités dont l’importance stratégique croît chaque année en même temps que le boom démographique, le parti ne dispose que de deux édiles : Marc Loewenstein (Forest) et Abdellatif Mghari (Koekelberg).

De même qu’Ecolo, le parti qui se profile désormais comme libéral social n’a jamais réussi jusqu’ici à séduire l’électorat plus populaire du nord-ouest de la capitale. La faute peut-être aussi à un discours longtemps focalisé sur la défense des intérêts francophones en périphérie, tandis que les thèmes de la sécurité et de la défense des plus précarisés importaient souvent davantage pour les classes moyennes et les milieux populaires sur place.

Le président de Défi Bruxelles Michaël Vossaert, par ailleurs unique conseiller communal molenbeekois, assure en tout cas sentir une dynamique positive sur le terrain. "On commence à être identifié à Molenbeek même si je ne suis pas encore connu partout. Le fait que Défi soit reconnu comme une nouvelle alternative nous permet de nous profiler dans les autres communes où on avait un déficit", assure celui qui est récemment devenu député bruxellois.

Dans le nord-ouest, du côté des partis bien en place au niveau local, on affirme ne pas être opposé à l’idée de conclure d’accords de majorité avec Défi, mais on ne craint absolument pas le raz-de-marée électoral. "Passer d’un à six conseillers communaux par commune, je n’y crois pas", lâche un bourgmestre.

"On veut le mayorat à Watermael-Boitsfort"

"On a actuellement trois bourgmestres (NDLR : lui-même à Woluwe- Saint-Lambert, Bernard Clerfayt à Schaerbeek et Christophe Magdalijns à Auderghem) . Je crois que c’est en bonne voie de ce côté-là. Je souhaite ardemment récupérer le mayorat à Watermael Boitsfort. L’équipe a un très bon écho sur le terrain", a expliqué jeudi Olivier Maingain. Du côté des communes de la périphérie, l’objectif est de faire le plus possible de listes d’union francophone pour conserver une vraie force d’opposition. "C’est l’objectif afin de défendre les intérêts francophones",indique la présidente de Défi Périphérie Sophie Rohonyi.

Michou avec son surnom sur la liste

Pour partir à l’assaut d’Anderlecht et espérer mettre le pied dans la prochaine majorité, le chef de file Alain Kestemont a entrepris depuis un certain temps de garder de bons contacts avec le MR comme avec le PS, qui forment l’ossature principale de la majorité en place, tout en attirant Michou, la plus célèbre des supporters du Sporting d’Anderlecht, mais aussi plusieurs jeunes, sur sa liste. Celle dont le vrai nom est Micheline Dehenain sera deuxième sur la liste et devrait se présenter devant les électeurs sous le nom de Michou Dehenain. "Elle va demander un acte de notoriété au bourgmestre Éric Tomas (PS)", explique Alain Kestemont. Celui qui a longtemps milité au CDH avant de rejoindre en 2011 Défi et dont le thème prioritaire est celui de la sécurité vise quatre à cinq sièges. En 2012, le parti en avait obtenu 3.