Politique belge

En France, Emmanuel Macron et son parti "En Marche" ont mis fin à plusieurs décennies de bipartisme. En Belgique, son mouvement en inspire d'autres. C'est le cas de Jean-Yves Huwart interrogé dans le dernier Trends-Tendance qui a récemment lancé, à 42 ans, le mouvement "En-marche.be"

Entretien.

Qu'avez-vous fait avant de lancer "En-marche.be" ?

J'ai été journaliste économique pendant dix ans. Entre 2008 et 2010, j'ai écrit deux livres sur l'économie wallonne qui s'appelaient "Le second déclin de la Wallonie" et "Wallonie 2.0". Entre-temps je me suis mis à mon compte. J'ai travaillé comme entrepreneur ces huit dernières années. Principalement dans l'analyse de tous les nouveaux modèles d'organisation. Tout ce qui est innovation ouverte, nouvelle formule de management et sur la thématique de coworking. Voilà mon parcours.

C'est la première fois que vous passez en politique ?

Oui. Je n'avais jamais été sur des listes ou quoi que ce soit. J'ai toujours observé de manière attentive l'évolution de la Wallonie et de Bruxelles. Par ailleurs, différents scandales ont surgi. Dans mes livres et mon passé de journaliste, j'ai écrit pas mal d'articles à l'époque il y a dix-quinze ans. Le fond du problème est demeuré. Et puis, avec ce qu'il s'est passé en France, il y a un besoin d'amener quelque chose de nouveau par rapport à la façon de faire de la politique aujourd'hui. Ce qui s'est passé en France avec "En Marche" est rassurant pour beaucoup de gens et en Belgique également. Tout le monde est d'accord pour dire qu'un renouveau est nécessaire. C'est de là que c'est parti.

Depuis quand mûrissez-vous ce projet ?

Depuis quatre à cinq mois. On est une centaine de personnes maintenant. Une bonne partie d'entre nous vient de l'entrepreneuriat digital mais on a divers profils (des fonctionnaires, des enseignants, deux ou trois avocats...). Une grosse partie du travail était de définir la charte des valeurs qui est l'ADN du mouvement aujourd'hui.

Pourquoi avoir choisi l'étiquette "En Marche" et pas une autre ?

Parce qu'on se reconnaît à 90% dans les propositions, la fraîcheur et les méthodes proposées par "En Marche" en France.

Vous avez rencontré Emmanuel Macron ?

Non, on est en contact. Ils sont au courant de l'initiative mais effectivement le but est de travailler au niveau européen. Dans ce cadre, on aura probablement plus de contacts. On a une filiation en termes d’inspiration et d’idées mais pas en termes de structure et d'organisation. On est complètement indépendants.

Ils sont d'accord pour que vous utilisiez le nom "En Marche" ?

Nous c'est "En-marche.be", ce n'est pas le même nom et on est en Belgique. C'est un pays différent.

Quelles sont les propositions que voudriez mettre en place ? 

On souhaite un marché du travail plus dynamique, plus ouvert, plus égalitaire. On souhaite que tous les travailleurs aient des droits similaires. C'est pour ça qu'on prône le fait que les indépendants puissent bénéficier d'une indemnité de chômage. On veut également séparer les pouvoirs. Selon nous, une bonne partie des problèmes de gouvernance en Wallonie et à Bruxelles est due au manque de séparation des pouvoirs en raison des cumuls et des interférences particratiques. L'objectif est de redresser la Belgique francophone, de lui redonner une certaine fierté et d'en faire une terre d'opportunité. Pas seulement le dire mais le faire.

Vous allez présenter des candidats aux prochaines élections ?

Le but ultime c'est 2019. Pour 2018, on va voir comment ça évolue. On est dans une dynamique de construction. Si les circonstances le veulent et si les choses se présentent éventuellement et qu'on est en capacité de présenter des listes dans certaines villes, pourquoi pas.