Politique belge

François Bellot, ministre MR de la Mobilité, se dit favorable à la mise au point d’un système élargi de vitesses variables sur autoroute. Il y voit un stimulant pour continuer à développer sa politique en faveur des systèmes de transport intelligents (ITS).

Mais son idée de rendre possible, dans des zones fluides et non accidentogènes, l’installation de tronçons d’autoroute où la limitation de vitesse pourrait être portée à 130 km/h est combattue de toutes parts.

Une étude qui dit le contraire

Une étude de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) a conclu que le recours à des vitesses variables, en fonction de la densité du trafic, de la météo ou d’incidents éventuels, pourrait s’avérer efficace.

Mais, et M. Bellot omet de le dire, l’IBSR a jugé aussi que de tous les scénarios envisagés, c’est la… baisse progressive de la limitation, essentiellement aux heures de pointe, dans les zones congestionnées ou accidentogènes, qui produirait le plus d’effets positifs : diminution des temps de parcours jusqu’à 25 %, baisse du nombre d’accidents de 3 % et de tués de 6 %, réduction des émissions de particules fines de 7 % et hausse de la vitesse moyenne des véhicules de 44 à 57 km/h.

L’IBSR a étudié l’hypothèse de porter la vitesse maximale à 130 km/h mais a conclu ceci : "En termes de sécurité routière, le passage à 130 km/h entraînerait une hausse du nombre d’accidents (± 5 %) et de leur gravité."

Les Régions aux manettes

Jeudi, les réactions (négatives) ont fusé. Pour le député CD&V Jef Van den Bergh, "une augmentation de la vitesse maximale augmente le risque d’accidents graves". "De plus, il y a dans notre pays très peu de tronçons où pareil relèvement serait possible."

Le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), a aussi réagi négativement. "Nous avons déjà en Flandre 400 morts sur les routes par an. Avoir encore plus de morts pour gagner quelques minutes est inacceptable." Pour le SP.A, "le ministre Bellot prend des risques inconsidérés".

Côté wallon, c’est la même fin de non-recevoir : "Augmenter la vitesse maximale à 130 km/h est une très mauvaise idée car cela pourrait accroître considérablement la gravité des accidents", a réagi le ministre wallon de la Sécurité routière, Maxime Prévot (CDH), ajoutant que ce sont les Régions qui sont aux manettes s’agissant des variations de vitesse sur autoroute. Quant à Ecolo, il a pointé "l’incohérence" du gouvernement fédéral.