Politique belge Le député PS Ahmed Laaouej critique l’idée d’une hausse de la déductibilité fiscale.

Augmenter la déductibilité fiscale sur l’épargne pension : cette idée soutenue par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) sur base des recommandations du groupe d’experts nommé en 2015 est loin de faire l’unanimité.

Le député fédéral PS Ahmed Laaouej formule plusieurs critiques. Cette mesure (laquelle devrait même être discutée lors du conseil des ministres sur la thématique économique prévu en juillet), explique-t-il, aurait un coût budgétaire alors que la Belgique est en période de "disette", devant trouver 9 milliards d’euros à l’horizon 2019. On assiste à une "fuite en avant du gouvernement", lâche-t-il.

Il relève également que cette mesure est préconisée par un groupe de travail piloté par Max Jadot, président d’une banque, en l’occurrence BNP Paribas Fortis. Les banques semblent, à ses yeux, demander au gouvernement d’augmenter l’avantage fiscal sur le troisième pilier. Elles proposent ainsi un levier fiscal supplémentaire pour un produit qui leur est destiné. En clair, elles encouragent une mesure "qui augmente leurs chiffres d’affaires mais qui entraîne un sacrifice budgétaire", constate le député socialiste.

Il regrette également l’absence de transparence sur les placements sous-jacents à l’épargne pension. "Si cet argent finançait l’activité économique en Belgique, pourquoi pas ? Mais on sait qu’il s’agit en grande partie de placements à l’étranger. Tous ces éléments ne sont pas sans m’inquiéter. Je demande un débat au Parlement", poursuit le député.

De façon plus générale, il regrette l’absence de débat au Parlement sur toutes les questions qui touchent à la politique fiscale "alors que la situation budgétaire est périlleuse".