Politique belge

Theo Francken (N-VA), le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration s’est répandu vendredi matin sur les réseaux sociaux. Il souhaite accentuer le nombre d’expulsions de personnes en séjour irrégulier via l’aéroport de Charleroi.

Une manière de procéder qui fait réagir en Wallonie. Jeudi soir, Theo Francken a téléphoné à Jean-Luc Crucke (MR) et a demandé à son homologue wallon de plancher sur cette question. Le ministre Crucke avait donc demandé rapidement une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), pour discuter de ce sujet. 

Jean-Luc Crucke ne souhaitait pas communiquer avant la tenue de cette réunion. Seulement voilà, les tweets du secrétaire d’Etat Francken ont obligé Crucke à réagir. Le ministre wallon, qui est en charge des aéroports, a donc donné son avis. Il précise d’entrée de jeu que la Wallonie respectera la loi. Mais elle demande deux choses au gouvernement fédéral. 

La première concerne les aménagements sécuritaires qui devront être réalisés à l’aéroport de Charleroi pour mener à bien ces expulsions. Le gouvernement wallon entend demander au fédéral de financer ces aménagements. “Il n’est pas question qu’un euro wallon paie des mesures qui dépendent uniquement du fédéral. Mais je précise que je suis un légaliste et il est normal de faire respecter la loi.” 

La deuxième condition est de mettre sur pied une convention entre la Wallonie et le fédéral. Une convention qui devra être “validée par la Croix rouge. Je veux que sur le territoire wallon les droits humains soient pleinement respectés. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas ailleurs mais je veux des garanties”.

Du côté du patron de l’aéroport, on précisait vendredi matin dans certains médias que si le fédéral souhaite les intensifier, il va y avoir un problème. Jean-Jacques Cloquet précise passablement énervé que des moyens vont devoir être apportés et que les choses ne pourront pas se faire du jour au lendemain. Des infrastructures devront être construites et le personnel devra être formé. Entre le ministre wallon et le patron de l’aéroport, on est manifestement d’accord.

Selon Francken, des expulsions auraient déjà eu lieu à partir de Charleroi. Après vérification, il apparaît qu'aucune expulsion forcée n'a eu lieu de l'aéroport de Charleroi. On compte par contre le renvoi en 2017 de 573 personnes inad (pour inadmissible. Il s'agit de personnes en défaut de documents d'identité notamment). Un chiffre qui est de 336 en 2018. Il s'agit de personnes qui n'ont jamais mis un pied sur le territoire. Il y a également des chiffres qui concernent des départs volontaires. On en compte, selon le cabinet Crucke, 166 en 2017 et 109 pour l'instant en 2018. Le nombre d'expulsion d'illégaux est par contre de zéro. Francken tente-t-il de manipuler les chiffres ? Le ministre Crucke se garde bien de donner son avis sur cette question.