Politique belge

Les principaux partis francophones de l'opposition à la Chambre ont dénoncé lundi le "total décalage" qui existe selon eux entre le discours du Premier ministre et la réalité, à l'issue de la déclaration gouvernementale de Charles Michel à la Chambre. "Le Premier ministre n'est pas dans la réalité, avec ce discours vaseux", a réagi le chef de groupe PS Ahmed Laaouej.

Le socialiste énumère les "3 milliards de coupes dans le rail" sous le gouvernement Michel - qui de son côté faisait valoir 6 milliards d'euros à investir entre 2018 et 2020 -, les retards pris dans l'agenda des travaux du RER - alors que le gouvernement se targue d'avoir relancé les travaux de finalisation - ou encore les coupes dans les soins de santé, le saut d'index, la relève à 21% de la TVA sur l'électricité, etc.

"Il ne vit pas dans la même réalité que nous", renchérit Raoul Hedebouw (PTB), rappelant la hausse du nombre de malades de longue durée ou la dégressivité accrue des allocations de chômage.

Ecolo et DéFi également critiques

"J'applaudis quand le Premier ministre pointe la responsabilité d'Electrabel" dans les risques encourus sur l'approvisionnement en électricité cet hiver, note Jean-Marc Nollet (Ecolo). "Mais ce discours est aussi marqué par une absence de volonté réelle de soutenir la transition énergétique. Le Premier ministre aligne énormément de chiffres, mais il n'a pas osé citer celui de l'augmentation des émissions de CO2, deux millions de tonnes en moyenne en plus sous cette législature".

Olivier Maingain (DéFI) non plus ne se montre pas impressionné par les bons chiffres cités par Charles Michel, notamment en matière de croissance. "La croissance belge est molle" par rapport aux autres pays, car ce gouvernement "a brimé pour partie la croissance des salaires avec le saut d'index et d'autres limitations". "Dans beaucoup de pays où l'on a réussi la croissance économique, c'est parce qu'on a soutenu le pouvoir d'achat des plus précarisés et des personnes qui ont un revenu de remplacement".

Pour Catherine Fonck (cdH) aussi, "le Premier ministre ne donne pas tous les chiffres". Le chef du gouvernement reste "en profond décalage avec la réalité des citoyens dans le domaine de la santé, la pension à 67 ans, ou encore toutes les mesures qui permettaient jusqu'ici d'adoucir les fins de carrière. Sans compter que le dossier sur la pénibilité des métiers, promis depuis quatre ans, est toujours en rade à six mois de la fin de la législature".