Politique belge

L’actualité de ce week-end a, à nouveau, jeté le doute sur l’institution provinciale et ses élus. Après le scandale Publifin, dont l’actionnaire principal est la Province de Liège, les révélations sur les (grosses) rémunérations cumulées de mandataires provinciaux (André Gilles, etc.), c’est au Hainaut d’être à son tour dans la tourmente. Comme le révélait "La Libre" samedi, deux mandataires provinciaux se mettaient dans la poche 18 000 euros par an simplement pour assumer la présidence et la vice-présidence d’une ASBL.

Légitimement, vu toutes ces légèretés, la question de l’existence même des Provinces se pose en Wallonie. Se repose, pour être exact. Est-ce l’échelon de pouvoir de trop dans l’architecture belge ? Leur suppression fait partie des monstres du loch Ness : on en parle depuis longtemps mais on ne voit rien émerger. Il faut dire que les résistances sont nombreuses. Résistance au changement, résistance d’élus spécialisés dans ce niveau de pouvoir et qui font du lobbying au sein de leurs formations respectives… Il est également vrai que, pour plusieurs observateurs, les Provinces restent une institution décentralisée parfaitement adéquate pour exercer certaines compétences sur un territoire plus restreint que la Région.

Le MR au pouvoir dans 4 Provinces sur 5

"La Libre" a donc posé la question aux partis : veulent-ils supprimer les Provinces ? Seul Ecolo le demande clairement. Les verts ne figurent dans aucune majorité provinciale, précisons-le. Les autres partis, dits "traditionnels", sont nettement plus prudents. Au MR, par exemple, c’est plutôt non. Les libéraux, présents dans quatre "gouvernements provinciaux" sur cinq trouvent dans les Provinces un échelon de pouvoir où exister en Wallonie alors qu’ils restent exclus de l’exécutif régional. Quant au PTB, les marxistes restent attachés à l’institution pour le principe de défendre le service public.

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