Politique belge

Dans son bureau qui jouxte la rue de la Loi, Theo Francken (N-VA) hésite entre inquiétude et satisfaction. Un SMS vient de le prévenir que le Godetia, le bateau de la marine belge, est en train de sauver des centaines de migrants en Méditerranée. Mais un autre message tarde à arriver. Il devrait préciser le nombre de demandes d’asile reçues par la Belgique durant le mois de mai. "Mais je sais déjà qu’elles seront en nette augmentation", soupire le secrétaire d’Etat N-VA à l’Asile et la Migration, qui rassemble ses papiers d’une main distraite.

Et justement, la Commission européenne a demandé à la Belgique d’accueillir plus de migrants en fonction d’une clé de répartition de ces migrants à travers l’Europe. Votre réaction n’a pas été très enthousiaste.

D’abord, le fait qu’il y ait un plan sur la table est quelque chose de positif. Le fait que cette proposition invite à plus de solidarité est une bonne chose également. Cependant, il est vrai que nous ne sommes pas satisfaits du contenu de cette proposition. La clé de répartition ne prend pas assez en compte ce que les Etats comme la Belgique ont fait par le passé.

Les efforts passés font partie de la clé de répartition pourtant.

Oui, mais pas encore suffisamment.

Vous ne répondrez donc pas aux exigences européennes tant que de nouvelles négociations n’ont pas eu lieu ?

Non. De plus, nous demandons qu’il y ait également plus de solidarité intraeuropéenne. La Grèce et l’Italie se plaignent d’assumer seules les flux migratoires, ce qui n’est pas vrai. Beaucoup de migrants ne restent que peu de temps sur leur territoire, et ce sont les pays de l’Europe de l’ouest et du nord qui doivent investir des sommes importantes pour les intégrer sur le long terme. Nous demandons donc que ces pays respectent les directives européennes. Ils doivent ainsi identifier les migrants en prenant leurs empreintes digitales par exemple. Dans le climat actuel, c’est indispensable.

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