Politique belge

Le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, a défendu jeudi la possibilité d'enfermer des familles en vue de leur expulsion. Il s'agit d'une solution de dernier recours, pour une période la plus courte possible et parce que les parents refusent obstinément leur rapatriement, a-t-il écrit sur son blog au lendemain de la mobilisation d'associations et de citoyens dans le centre de Bruxelles. Et il avertit: d'autres enfermements suivront. "Personne n'enferme volontiers des enfants. Ce n'est pas une mesure que je prends par plaisir. Ceux qui le pensent ou l'affirment, ne savent rien de moi", affirme M. Francken.

En 2008, le gouvernement fédéral a arrêté d'enfermer des familles avec des enfants après plusieurs condamnations de la Cour européenne des droits de l'homme. "Ce n'était pas un choix définitif", souligne le secrétaire d'Etat. La logique suivie par le gouvernement de l'époque et ceux qui ont suivi était de créer "une capacité de détention familiale".

Des maisons de retour, ouvertes, ont été aménagées. Elles ont livré de "beaux résultats" grâce au "travail merveilleux" des accompagnateurs, précise le secrétaire d'Etat. Mais leur efficacité a été mise sous pression ces dernières années. "On ne parvient pas à éloigner certaines familles dans un milieu ouvert, quel que soit le travail des psychologues ou l'accompagnement fourni. Pour ce noyau dur de personnes qui refusent le retour, un moyen de contrainte ('un bâton derrière la porte') était nécessaire. Il est là aujourd'hui."

La plupart des pays d'Europe occidentale ont un dispositif d'enfermement de familles avec enfants en vue de leur rapatriement, rappelle encore M. Francken. Le gouvernement fédéral s'est inspiré du modèle néerlandais.

Quant à l'impact de la détention sur les enfants, il est relativisé par le secrétaire d'Etat. "La vie dans l'illégalité est également néfaste pour le développement de l'enfant", dit-il.

"Je prends mes responsabilités et j'ai donné l'instruction d'enfermer pour la première fois une famille avec des enfants (une famille serbe est arrivée mardi, ndlr). D'autres suivront. Le signal est clair: l'illégalité ne peut être tolérée, c'en est fini de la politique du laisser-faire, laisser-passer", avertit-il.