Politique belge

Imposer un fonctionnaire dans les réunions du collège des bourgmestre et échevins des communes à facilités est une "bourde de la ministre N-VA (Liesbeth) Homans", estiment mardi des élus FDF. La ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans souhaite envoyer des fonctionnaires assister aux réunions des conseils communaux et collèges des bourgmestre et échevins des communes à facilités, dans la périphérie bruxelloise, pour vérifier que les lois linguistiques sont bien respectées.

"Envisager la présence d'un fonctionnaire de la tutelle aux séances du collège, c'est impossible", relèvent Christian Van Eyken, député UF au parlement flamand et Véronique Caprasse, députée fédérale FDF et bourgmestre de Crainhem. "Le collège se tient à huis clos, personne en dehors du bourgmestre et des échevins ne peut y assister. De toute façon, tout est légal dans les collèges de la périphérie puisque tous les PV sont rédigés en néerlandais."

L'argument de la ministre pour mettre ce système en place - un souci d'économie après des plaintes qui seraient transmises - laisse la bourgmestre de Crainhem perplexe. "A Crainhem, nous n'avons jamais la moindre plainte. Ni concernant le collège compte tenu que c'est impossible puisque personne en dehors des échevins et du bourgmestre n'y assiste ni au conseil communal qui est déjà contrôlé par la Province", constate Mme Caprasse.

Les francophones respectent la loi linguistique

L'envoi d'un fonctionnaire régional pour contrôler l'emploi des langues lors des séances du conseil communal dans les communes à facilités autour de Bruxelles n'apportera rien à la politique flamande en périphérie, a relativisé mardi le député fédéral Luk Van Biesen (Open Vld), conseiller communal d'opposition à Crainhem. Non seulement un fonctionnaire de la province du Brabant flamand le fait déjà, mais en outre les francophones respectent les dispositions légales imposant le néerlandais comme seule langue officielle de l'administration dans ces communes, a relevé M. Van Biesen.

"Ces dernières années, il n'y a plus eu de plainte à cet égard", a-t-il souligné.

Il juge l'initiative de la ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) contradictoire par rapport aux économies annoncées pour la politique du gouvernement flamand en périphérie, plus spécifiquement la baisse des moyens de fonctionnement de l'asbl De Rand.

Luk Van Biesen en appelle à une réunion des mandataires des communes à facilités avec le gouvernement flamand, "car d'autres initiatives sont nécessaires" pour soutenir la construction d'écoles secondaires, de bibliothèques ou d'académies de musique, ou encore de crèches.