Politique belge

Georges Gilkinet, député Ecolo à la Chambre, vient d’être personnellement visé par une action judiciaire du milliardaire Patokh Chodiev en raison de son travail dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur le "Kazakhgate". Au-delà du fond du dossier concernant l’extension de la loi sur les transactions pénales - téléguidée ou non par l’Elysée - il confie sa vision du renouveau du métier de parlementaire. Ce rôle, lié directement au contrôle démocratique, est en danger, prévient-il.

Le travail de parlementaire est parfois ingrat, car peu visible. Le fait que les avocats de Patokh Chodiev vous citent à comparaître devant la justice, c’est presque une aubaine pour vous, non ? Votre travail est mis dans la lumière médiatique.

Ce qu’ils font, c’est leur responsabilité. Ce que les avocats de Chodiev me reprochent, c’est de faire mon boulot : chercher de l’info, poser des questions, identifier des responsabilités, trouver des solutions… Et c’est cela qui leur pose problème, parce qu’on est en train de faire émerger une réalité qui dérange, c’est-à-dire une atteinte à la souveraineté de notre Etat. Et ils essaient de nous faire taire.

La citation mentionne, entre autres, le non-respect de la présomption d’innocence et de la vie privée. Quelle est votre réaction ?

C’est une mesure dilatoire, une forme de pression sur le travail de la commission. Je trouve que l’on est là dans les mêmes mécanismes de secret que l’on voit dans d’autres dossiers. Quand on parle de nucléaire, c’est très difficile d’obtenir la publication de conventions secrètes. Quand on parle de lutte contre la fraude fiscale internationale, on cache des revenus. Quand on parle du glyphosate, on cache des études scientifiques qui montrent que le Roundup est cancérogène. Ce n’est pas pour rien que les écologistes se battent pour la transparence. Et les réactions à cela, c’est de l’intimidation. Nous, on veut créer de la transparence pour arrêter ces arrangements entre amis qui bénéficient à quelques-uns qui ont de bonnes relations diplomatiques, beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir au détriment de tous les autres.

Au-delà du cas Chodiev, avez-vous le sentiment qu’il y a un vent qui se lève dans le milieu de l’entreprise pour attaquer les parlementaires, comme on a pu le voir avec Nethys en Wallonie ?

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