Politique belge

Les comptes mail du député fédéral et d'autres membres d'Ecolo sont régulièrement victimes de hameçonnage dont un venant d'Ukraine selon une info de la Dernière Heure...

Le 22 mai dernier, Ecolo était victime d'une tentative d'hameçonnage d'ampleur via les comptes mails de plusieurs députés fédéraux et régionaux. En analysant l'historique des connexions aux boites mail, Ecolo a remarqué qu'un compte présentait des connexions à partir d'une adresse IP basée en Ukraine. Il s'agissait du compte du député wallon Mathieu Daele, absolument pas en Ukraine durant cette période. Durant cette même journée, d'autres mails - jugés crédibles par leur contenu, présentation, etc - menaient en réalité vers un faux site web d'Ecolo.

Plainte a été déposée auprès de la computer crime unit pour hameçonnage le 8 juin dernier. Depuis, les faits de hacking à l'encontre de députés Ecolo n'ont jamais cessé. A raison d'une par semaine environ depuis le mois de mai. Soit une trentaine au total. Dans l'enquête menée en interne, il ressort que les tentatives d'intrusions dans le système informatique d'Ecodata (propriétaire du système informatique servant aux échanges informatiques sécurisés entre les membres du parti) sont menées régulièrement en vue d'y récupérer des informations privées.

Ces tentatives sont clairement ciblées sur la personne de Georges Gilkinet, qui joint une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, à celle d'Ecodata. "Ecolo souhaite que l'enquête à propos de ces faits inadmissibles soit poursuivie sous les auspices d'un magistrat instructeur", commente le député Georges Gilkinet sans plus de précision puisque l'enquête est en cours. Plus largement, "Internet et une adresse courriel sont des outils utilisés par tous les citoyennes et les citoyens aujourd'hui. Cela fait partie de leur intimité en quelque sorte. D'une manière générale, la criminalité informatique, qui est un phénomène qui se développe, est inacceptable et doit être combattue."

"Qui plus est, quand on exerce des responsabilités de mandataire public, on peut d'autant moins accepter d'être la cible de telles pratiques et de tentative de piratage d'un outil de travail essentiel. Cela pose de réelles questions démocratiques. C'est la raison pour laquelle Ecolo a décidé de se porter partie civile dans le dossier, de façon à ce que tous les moyens soient mis en oeuvre pour identifier les responsables de ces tentatives de piratage, quels qu'ils soient."

Ces tentative de hameçonnage ont-elles un lien avec le Kazakhgate - un dossier suivi de très près par le député fédéral ? "Ceux qui en sont à l'origine sont en tout cas super bien équipées et brouillent les pistes en utilisant des techniques de pointe", explique le député Ecolo. "Lors de la première offensive, au mois de mai, dès lors que les recherches effectuées visaient à obtenir des informations qui me concernaient ainsi qu'Anticor, une association active dans le dossier du Kazakhgate, on peut penser que c'est en lien avec de ce dossier qui m'a beaucoup occupé. Mais ça reste à établir. C'est bien pour ça qu'il faut une enquête poussée. Ce que nous demandons en nous portant partie civile, parce qu'on ne peut pas subir cela sans réagir."