Politique belge

Le député européen et vice-président du MR Gérard Deprez a jugé sévèrement la façon de communiquer du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken.

Invité à mettre une cote, il a attribué un 3/10 au nationaliste flamand. Le député reproche au secrétaire d'Etat sa manière de se vanter de son action quand des personnes en séjour illégal sont expulsées de Belgique.

"Je ne peux pas supporter que quelqu'un qui doit faire des choses difficiles, par exemple renvoyer des gens, ce qui est une opération humainement difficile, s'en vante pratiquement comme un cow-boy qui fait des encoches sur une crosse quand il a tué un Indien. Sa communication est débile", a dit M. Deprez sur le plateau de "L'invité" (RTL-TVi).

Ecolo pour constituer une majorité sans les socialistes?

Ecolo pourrait fournir l'appoint nécessaire pour constituer ou poursuivre une coalition sans le parti socialiste, estime à titre personnel le vice-président du MR et député européen Gérard Deprez. A la fin des années 1990, M. Deprez a quitté le PSC, qu'il présidait, pour fonder le MCC, un parti entré en fédération avec le PRL et le FDF, ancêtre du MR. Il voulait à l'époque emmener les sociaux chrétiens pour constituer une formation susceptible de briser la domination du PS. Il n'a pas changé d'avis: "Il est malsain dans une démocratie qu'un parti soit le plus grand et toujours au pouvoir pendant des décennies", a-t-il déclaré sur RTL-TVi.

Le 19 juin dernier, le président du cdH (anciennement PSC) Benoît Lutgen a en quelque sorte mis en oeuvre ce projet en annonçant la rupture de son alliance avec les socialistes dans les entités fédérées. Sa volonté ne s'est toutefois réalisée qu'en Wallonie avec l'avènement d'une coalition MR-cdH. A Bruxelles ou en Fédération Wallonie-Bruxelles, où l'appoint d'un troisième parti était nécessaire, ni DéFI, ni Ecolo n'ont voulu suivre le mouvement.

Les sondages récents ne présagent pas d'une possibilité de majorité MR-cdH après les élections de 2019. S'il salue l'initiative de M. Lutgen, M. Deprez juge qu'elle ne peut être "unique". "Cela ne peut pas être un coup unique. Si on veut véritablement changer la donne, il faut que, pendant une certaine période, ce soit une réalité. Si nous voulons réussir cette opération, il faut à la fois consolider le MR et aider le cdH à rester solide", a-t-il dit sur Bel-RTL.

Le vice-président du MR lorgne aussi les écologistes. "Pourquoi je m'intéresse aussi aux Ecolo, pour une autre raison, c'est que, si je veux avoir une majorité demain dans un objectif stratégique d'une ou deux législatures sans le Parti socialiste, je pense qu'à un certain moment ils pourraient être un appoint nécessaire pour la formation d'une majorité alternative", a-t-il ainsi déclaré.