Politique belge

Le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, et le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, ont insisté mercredi auprès de leur homologue marocain, Abdelouafi Laftit, afin que Rabat accepte d'accueillir des ressortissants marocains après une peine de prison en Belgique - notamment pour terrorisme - et dont le Conseil du Contentieux des Etrangers (CCE) a refusé l'extradition. Dans ces trois cas pourtant distincts quant aux condamnations infligées, le CCE a estimé que l'Office des étrangers n'a pas suffisamment vérifié que l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui interdit torture et traitements inhumains ou dégradants dans le pays de destination, sera respecté en cas d'expulsion vers le Maroc.

La Belgique et le Maroc ont conclu en avril 2016 un accord facilitant la réadmission de ressortissants marocains en séjour irrégulier - environ 400 par an, selon M. Francken, -, alors que la coopération policière bilatérale a fait l'objet d'un traité, en passe d'être ratifié par Rabat.

Lors d'un entretien bilatéral mercredi après-midi, en marge de la 5ème conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement, MM. Jambon et Francken ont attiré l'attention de M. Laftit - en fonction depuis un an - sur le cas de Marocains à rapatrier après avoir purgé une peine de prison.

"Ils sont ouverts (à la discussion). Le but est de mettre sur pied un groupe de travail pour regarder comment on résoudre ce problème", a expliqué M. Jambon à quelques journalistes. M. Francken a parlé d'"ambiance constructive".

La dernière affaire, révélée lundi par la presse, concerne un ressortissant marocain vivant en Belgique depuis plus de dix ans. En 2017, il a été condamné pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Il a ensuite été libéré après avoir purgé sa peine. Entre-temps, il a perdu son permis de séjour et doit dès lors être expulsé vers le Maroc. Mais le CCE s'est opposé à son expulsion.