Politique belge

Le vice-Premier ministre N-VA revient sur ses collusions gênantes et parle de "fait divers".

Des images de votre passé ont ressurgi : sur l’une d’elles, on vous voit écouter un discours de Jean-Marie Le Pen, et sur une autre, intervenir à une réunion du Sint-Maartensfonds en 2001, une association d’anciens combattants sur le front de l’Est. Gênant ?

Ce n’est pas nouveau. C’est un fait divers et je m’en suis déjà expliqué.

Johan Sauwens, lui aussi présent au Sint-Maartensfonds, avait dû démissionner en 2001…

Il était ministre à ce moment-là. Ses collègues n’ont pas accepté sa participation à la réunion. Je peux comprendre. Comme ministre, il faut s’abstenir de faire des choses que l’on peut se permettre de faire avant d’être nommé.

Dans quelles circonstances ces clichés ont été pris ?

Les photos où on me voit assister à une prise de parole de Le Pen ont été prises dans un club de débats à Anvers, qui invite chaque mois une personnalité connue. Kris Merckx, le responsable à l’époque de Amada - qui deviendra le PTB, NdlR - y était également. Ce n’est pas parce que je vais écouter quelqu’un que j’épouse ses idées. Par ailleurs, je me suis exprimé à la réunion du Sint-Maartensfonds comme responsable du Vlaamse Volksbeweging (VVB). J’y allais pour mobiliser les nationalistes contre les accords institutionnels du Lambermont que nous rejetions. Nous organisions une manifestation. Il fallait du monde. Nous sommes allés dans tous les cercles nationalistes de gauche comme de droite.

Mais le Sint-Maartensfonds, ce sont des gens qui ont collaboré avec les Allemands. Ce n’est pas rien…

Je défie quiconque de trouver une phrase, un texte, où je défends la collaboration. La collaboration a été une erreur. Le mouvement flamand a été isolé pendant des dizaines d’années. Mais c’est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là.

Mais au VVB, dont vous restez membre, il y a toujours des nostalgiques de ce temps-là…

Oui. Comme à la FGTB, il y a toujours de vrais communistes. Le VVB réunit des gens autour d’un seul objectif : l’indépendance de la Flandre. Des gens qui viennent d’horizons très différents : de l’ultragauche à l’ultradroite.