Politique belge

La ministre Joëlle Milquet réagit à la succession de polémiques qui la touchent. Entretien.


Joëlle Milquet, comment expliquez-vous la tourmente médiatique dans laquelle vous vous trouvez, grosso modo, depuis la campagne électorale de 2014 ?

Si les politiques devaient s’arrêter de travailler à chaque critique, on n’avancerait plus… Il y a eu beaucoup de polémiques excessives qui n’avaient rien à voir avec moi. Les fuites lors des examens de juin, par exemple. La procédure de distribution des questionnaires existait avant que je n’arrive - j’ai ensuite pris un décret pour corriger les failles. Ou bien la question de la fermeture des écoles lors du niveau quatre de la menace : je n’ai jamais exprimé de préférence avant que le Conseil national de sécurité ne se soit prononcé, contrairement à ce qui a été dit. Est-ce ma faute si on dit des choses fausses ?

Toutes ces polémiques ont été exagérées ?

Je constate une évolution flagrante de la presse. On entre dans une logique du buzz dans laquelle le travail de fond n’intéresse plus personne.

Beaucoup de gens critiquent vos méthodes de travail, notamment autour du Pacte d’excellence.

Si vous ne faites rien, c’est sûr qu’on ne vous regarde pas. Moi, ce que j’essaye de faire, c’est de réaliser une réforme ambitieuse de l’enseignement. C’est vrai, ça ne fait peut-être pas plaisir à tout le monde, mais j’avance ! J’écris des textes, je les fais voter, je les mets en œuvre. Le but, c’est d’atterrir en 2018. On a très peu de temps si on veut mener à bien une telle réforme en une seule législature. Alors, oui, il faut parfois un peu bousculer gentiment les habitudes, forcer un peu l’inertie du monde de l’enseignement, mais il faut avancer.

Avez-vous le sentiment que votre étoile pâlit un peu ?

On a l’habitude de brûler ceux qu’on a adorés. Je constate que c’est la même chose avec Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx (NdlR, président du PS et cheffe du groupe PS à la Chambre). Toutes ces critiques, elles me font sourire parce qu’elles sont fausses. On me jugera sur mon action. J’ai mon caractère, qu’on l’aime ou pas. Mais on ne peut pas me reprocher de ne pas avoir le sens de l’intérêt général.