Politique belge Le moment tant attendu a eu lieu ce vendredi. Armand De Decker a fait face aux députés de la commission Kazakhgate. L'ex-président du Sénat et ancien ministre MR, y comparaissait en sa qualité d’avocat de Patokh Chodiev, homme clé dans le Kazakhgate.

Armand De Decker avait été recruté par l’Elysée, fin 2010-début 2011, afin de défendre les intérêts de l’homme d’affaires belgo-ouzbek à Bruxelles.

Voici le court texte qu'il a souhaité lire :

"J'ai voulu répondre à votre invitation à comparaître par respect pour les institutions de notre pays. J'ai fait partie de votre assemblée pendant 14 ans. J'ai toujours eu à cœur de défendre l'institution parlementaire et ses règles de fonctionnement. C'est pourquoi je me suis présenté devant vous aujourd'hui. Je suis personnellement choqué par la manière dont l'enquête a été menée à mon égard. En ma qualité de personne suspectée, je n'entends pas me défendre de cette accusation devant une commission d'enquête parlementaire. Je suis avocat également. Les circonstances qui m'amènent devant vous sont relatives exclusivement à l'exercice de ma profession d'avocat mais en raison du fait que j'étais à l'époque des faits sénateur, certains ont voulu affirmer qu'il y avait confusion de genre".

Celui qui, jusqu'il y a peu, était bourgmestre d'Uccle a poursuivi de la sorte : "Je conteste vigoureusement les faits qui me sont imputés. Je réaffirme que je ne suis intervenu en rien dans l'élaboration de la loi qui a étendu la transaction pénale. Le collège des procureurs général a apporté son soutien à cette réforme. Chacun sait ici que l'extension de la transaction pénale a fait l'objet d'un accord au sein du kern le 3 février 2011 en échange d'une levée du secret bancaire. Nombreux sont les parlementaires qui exercent leur mandat en même temps qu'une autre profession. Si je suis attaché aux règles qui régissent le parlement, je le suis tout autant aux règles de la profession d'avocat à laquelle j'appartiens. Je réaffirme solennellement que je ne suis intervenu qu'en ma seule qualité d'avocat et que je n'ai subi aucune influence de quelque nature que ce soit".

Armand De Decker a ensuite invoqué son droit au silence pour ne pas violer le secret professionnel. "Notre commission n'a d'autre choix que de vous suivre", a indiqué le présidence de la commission. La séance a donc été levée après le discours introductif d'Armand De Decker qui n'aura même pas duré cinq minutes.